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SOCIAL LAB

Zero Waste Sport : quand les sportifs éco-responsables se mettent au zéro déchet !

©ZeroWasteSport/Facebook

Le "zéro déchet" séduit de plus en plus les citoyens et conquiert, petit à petit, de nombreux secteurs de l'industrie, mais aussi dans la pratique de certains loisirs. L'ONG "Zero Waste France" s'attaque désormais à la pratique du sport !

Comment réduire ses déchets lorsque l'on pratique le sport ou que l'on organise des événements sportifs ? ID a posé la question à Julie Sauvetre, chargée de la campagne de sensibilisation "Zero Waste Sport" au sein de Zero Waste France

En quoi consiste la campagne "Zero Waste Sport" ? 

L'idée de cette campagne est de cibler les deux publics qui nous paraissaient les plus "moteurs" dans le changement dans le monde du sport. Ce sont à la fois les sportifs lambdas comme vous et moi, mais aussi les organisateurs d'événements sportifs. Nous avons créé deux dispositifs pour ces différents publics pour les aider à pratiquer le sport en mode "zéro déchet". Pour les sportifs lambdas donc, nous avons créé l'équipe "Zero Waste Sport" : il s’agit d’une équipe de coureurs engagés, que nous appelons les "relayeurs" dans l'idée de relayer justement ce discours à travers leur pratique sportive. On peut les retrouver sur Instagram et sur Facebook où ils postent régulièrement des photos et des vidéos d'eux, pendant leurs entraînements ou lors d’événements sportifs, afin de montrer en quoi ils ont été "zéro déchet" sur telle ou telle course, que ce soit au niveau du ravitaillement ou de leur alimentation par exemple. 

Quelles sont les applications concrètes ?

Nous allons remplacer les fameux gels protéinés à emballages jetables que distribuent certaines marques lors d’événements, par des fruits secs ou des barres de céréales "faites maison", avec des ingrédients achetés en vrac. Mais la première étape est avant tout l’usage de la gourde, l’élément indispensable de tout sportif "zéro déchet" : il doit pouvoir refuser de façon systématique les gobelets et bouteilles en plastique distribués lors des courses par exemple. C’est une pratique encore trop répandue dans le monde événementiel sportif. L’impulsion peut et doit donc être donnée par les sportifs eux-mêmes, lorsqu’ils ramènent leur propre ravitaillement et contenants. Sur un marathon, cela peut éviter qu’une dizaine de bouteilles ne finissent à la poubelle, cela paraît peu mais en multipliant par le nombre de coureurs et de courses dans l’année, cela représente des quantités très importantes. 

L'initiative concerne tous les sports ?

Dans un premier temps, les sportifs qui se sont engagés étaient principalement des coureurs. Mais des cyclistes ont également rejoint notre démarche, et seront bientôt suivis de rugbymans et de kayakistes : cela va donc se diversifier. "Zero Waste Sport" a été lancé le 7 mai et implanté sur des événements sportifs dès le 19 mai. C’est donc très récent. Au cours des mois qui suivront, de plus en plus de sports s’empareront de l’idée, car cela concerne tout le monde et tout le monde peut s’y mettre. 

Y a-t-il des sports pour lesquels la pratique du "zero waste" serait compliqué à adopter ? Pour le tennis par exemple ?

En ce qui concerne l'équipement, tout sportif peut passer à des produits et contenants réutilisables comme les gourdes. Je sais que Marion Bartoli a toujours prôné l'usage de la gourde, qui n'est pas une pratique si courante sur les cours. Il y a évidemment la question des sponsors tels que Vittel qui peuvent s’y opposer. Il faut toujours se poser la question "est-ce que je peux éviter ce déchet ?". Si oui, tant mieux et je le fais. Si je ne peux pas, alors se pose la question de sa fin de vie. Que faire des balles de tennis par exemple ? Il faudrait imaginer des filières de recyclage qui seraient dédiées à ce flux de déchets-là. 

Quel dispositif avez-vous créé pour les organisateurs d’événements sportifs ? 

Nous avons créé un guide pratique proposant 12 actions, disponible en version digitale sur notre site et en version papier à la maison du Zéro Déchet à Paris. Ce guide n’est pas exhaustif, mais il permet d'initier la démarche auprès d'un organisateur d'événements. Il peut l’aider à mener une réflexion sur le ravitaillement, les installations logistiques et les équipements distribués aux sportifs entre autres.

Quelles seraient les priorités ? 

Un autre exemple parlant est le système de dossards et de puces de chronométrage. Il y a encore 10 ans, les puces de chronométrage que les sportifs avaient sur eux étaient réutilisables, nouées aux lacets des chaussures. Puis, avec l'avènement du tout-jetable, tous les dossards, chasubles et puces de chronométrage sont devenus jetables. Au-delà des quantités de déchets produits, je ne vous parle pas du gaspillage de ressources que cela a entraîné : chaque puce est un concentré de matériaux rares et est utilisée le temps d’un marathon, puis jetée alors qu'elle est encore utilisable. Il existe encore des professionnels du chronométrage qui proposent des systèmes de puces à louer. Un organisateur n'aurait plus à investir dans 10 000 puces, mais pourrait les louer : il s'y retrouverait financièrement et serait écoresponsable. Il faut également se pencher sur la question des goodies et des tenues neuves que les organisateurs distribuent aux participants, pour des raisons de sponsoring ou fidélisation ou par habitude. Nous leur proposons dans notre guide d'arrêter de distribuer des t-shirt, casquettes, brassards neufs, à chaque nouvelle édition. La solution la plus radicale est évidemment de ne plus en distribuer du tout, il s’agit d’une prise de position écologique assez forte, mais qui peut être totalement justifiée et qui peut être expliquée. Le compromis serait, au moment des inscriptions en ligne, de prévoir une case pour que le participant indique s'il souhaite un nouveau t-shirt neuf, ou s'il va réutiliser celui de l'an dernier ou les 15 autres qu'il a dans son placard. Il y a certains organisateurs qui ont testé cette technique de les rendre optionnels, voire payants, pour dissuader les coureurs. Cela marche plutôt bien les gens ne sont ni choqués ni déçus, ils comprennent la démarche.

Retrouvez la chronique du Social Lab sur France Inter :