04 fév

"Téthys", exposition de Théodore Fivel au MAMO

©We Are Content(s)
MAMO, Centre d'art de la Cité Radieuse, 280 boulevard Michelet
Marseille, 13008

Pour sa première exposition personnelle au MAMO, Théodore Fivel présente la série Alpha, issue de son grand ensemble d’œuvres Charges. Alpha forme un dialogue direct avec la Méditerranée.

Cette série se réfère à Téthys, l’océan primitif, lentement disloqué par la dérive des continents, mythe maritime de flots engloutis aux origines du monde qui inspire à l’artiste des projections mentales futuristes, comme s’il redessinait la mer et ses fonds, comme si Téthys se cachait en nous et portait en elle les sédiments du salut de toutes les eaux de notre planète.

Charges est un grand ensemble molaire qui sublime la nature dans une alchimie de l’étrangeté, lissant la frontière entre sculpture et peinture. Les formes sont ciselées dans le bois puis recouvertes de plusieurs couches de peinture chargées de différents minéraux et d’éclats de matière que l’artiste vient ensuite remodeler. De cette technique surgissent des sculptures polychromes aux matériaux changeants, presque incandescents. De ces compositions aux précipités de couleurs jaillit une pensée sur l’abstraction et les constituants de toute œuvre d’art, sa matérialité et le contexte de son exposition.

Ce que le travail de Théodore Fivel évoque au premier regard, c’est la géologie : des figurations d’espaces désertiques, minéraux, végétaux, des morceaux de terres immergées aux fonds des mers, des îles inconnues, des fragments de montagnes, toute une cartographie hypnotique, anamorphique, de planètes lointaines, futuristes ou primaires. Ce sont, vues sous le prisme de la topographie, des hétéropies – ces espaces utopiques à qui l’artiste donne corps. Mais ce n’est qu’un premier regard, car ce que Théodore Fivel représente ce sont avant tout de pures abstractions, anisotropes.

Il pense la forme, s’en empare, qu’elle soit nouvelle au regard, au toucher, à la sensation. Pour élaborer des pensées neuves, il faut un langage neuf, comme les holzweg de Martin Heidegger, ces chemins de forêt censés ne mener nulle part, mais dont les structures inédites signalent des mondes nouveaux.

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