Selon Reporterre, trois nouvelles stations pourraient être construites sur la ligne 1 : Les Rigollots, Grands Pêchers et Val-de-Fontenay, qui serait le terminus. Le prolongement vise à mieux desservir le sud de Fontenay-sous-Bois et de Montreuil, aujourd’hui mal desservis. Des contributeurs à la concertation y voient aussi une alternative au RER A, souvent bondé. Île-de-France Mobilités prévoit une fréquentation de 80 000 à 90 000 voyageurs par jour sur le prolongement à l’horizon 2040. Le coût du projet est estimé à 1,7 milliard d’euros.
D’après France 3 Paris Île-de-France, si le projet est validé, les travaux devraient commencer d’ici quatre ans, pour une mise en service visée en 2040.
Des arbres menacés à la lisière du bois de Vincennes
Selon Reporterre, le chantier concernerait une bande d’environ un hectare située le long de l’avenue de Nogent, à l’orée du bois de Vincennes, où les travaux se feraient à ciel ouvert. D’après le collectif Touche pas à mon bois, entre 221 et 337 arbres seraient abattus, en fonction du scénario retenu.
Île-de-France Mobilités affirme avoir réduit au minimum les emprises du chantier et le nombre d’arbres concernés. Son directeur des infrastructures, Arnaud Crolais, promet que trois à quatre arbres seront replantés pour chaque arbre abattu, selon Reporterre.
Clivages politiques et associatifs autour du tracé
Le projet est soutenu par le maire de Fontenay-sous-Bois, Jean-Philippe Gautrais, et par le premier adjoint de Montreuil, Gaylord Le Chéquer, qui y voient une réponse attendue depuis plus d’un siècle pour désenclaver ces quartiers et une question de justice sociale. Parmi les contributeurs à la concertation, certains y voient aussi un moyen de réduire la place de la voiture. La FNAUT soutient la construction de ces trois stations.
Le collectif Touche pas à mon bois et d’autres associations s’opposent à ce projet. Ils jugent que la compensation est insuffisante et ils alertent sur la biodiversité et le rôle du bois en cas de canicule.
Le bilan carbone du projet avait été estimé à 3 300 tonnes équivalent CO₂ dans les études de 2022, selon Reporterre. Île-de-France Mobilités juge cette estimation obsolète et prévoit de la réactualiser en tenant compte notamment des matériaux utilisés pour le chantier, comme le béton bas carbone et l’acier recyclé.
L’association Métro Vélo Val-de-Fontenay soutient le projet. France Nature Environnement adopte des positions différentes selon les antennes locales : FNE Paris se montre moins opposée qu’auparavant, tandis que FNE Seine-Saint-Denis est favorable au projet, selon Bernard Gobitz de la FNAUT, cité par France 3.
Vers une nouvelle concertation publique en fin d'année
À l’issue de l’enquête publique, la commission d’enquête a refusé de délivrer la déclaration d’utilité publique, estimant que le projet manquait de rentabilité socio-économique. L’autorité environnementale avait également rendu un avis défavorable, pointant des incidences sur les milieux naturels et les paysages, notamment sur les sites classé et inscrit du bois de Vincennes.
Une nouvelle concertation préalable se déroule du 5 octobre au 11 décembre 2026, sous l’égide de la Commission nationale du débat public (CNDP). Trois garantes indépendantes ont été désignées pour encadrer les échanges. Cette phase doit permettre au public de s’exprimer sur le projet, ses variantes et ses conséquences environnementales. Île-de-France Mobilités et la RATP ont publié un nouveau dossier de concertation présentant les évolutions du projet et les études réalisées.
La concertation doit permettre au public de débattre des bénéfices attendus du prolongement pour les transports collectifs et de ses conséquences sur les milieux naturels.