Chronique

Dis Mamie, c'était comment la vie sans plastique ?

©Zurbagan/Shutterstock

L'année 2018 marque définitivement un tournant dans la prise de conscience de la pollution globale liée aux matières plastique. Pour lutter contre ce fléau, peut-être que la meilleure des solutions serait juste de réapprendre à faire sans. Et ça, nos aînés s'en souviennent encore !

Mark Blackburn, fondateur du blog Onebrownplanet, a récemment eu la bonne idée d'interroger sa mère, née dans le Nord de l'Angleterre dans les années 1950, sur sa vie avant que le plastique n'inonde en masse notre quotidien.

Observant l'énergie que nous déployons pour trouver des solutions à des problèmes relativement récents, le blogueur s'étonne que nous ne regardions pas plus souvent les modes de vie et solutions qui prédominaient avant. "Avant les années 1960, la pollution plastique n'existait pas" observe-t-il, "il s'est massivement déployé sous l'effet cumulé du faible coût du pétrole et de l'évolution des procédés industriels".

C'était mieux avant ?

Désireux de comprendre, il s'est donc tourné vers la meilleure historienne qu'il connaisse, sa mère (accessoirement non historienne) pour l'interroger à ce sujet. Et leur échange est riche de plusieurs enseignements :

Pour les courses alimentaires, l'ensemble des fruits et légumes disponibles étaient locaux et de saison. Bananes et autres fruits exotiques étaient aussi disponibles. Mais pour consommer un fruit ou légume hors saison, l'option la plus sûre était de le consommer en conserve ou de s'en passer. De nombreux aliments séchés étaient également disponibles. Pour l'emballage, on utilisait alors du papier kraft. Idem pour le riz et les pâtes, et même la viande.

L'ensemble des bouteilles étaient consignées, le verre était partout utilisé pour les liquides.

Pour certaines confiseries l'aluminium pouvait être utilisé. Pour les gâteaux et autres biscuits, idem, de grands bocaux de conservation et des emballages en papier.

Il n'y avait pas de fast food, mais au fish and chips du quartier on récupérait les vieux papiers journaux pour le mettre autour du papier cuisson qui contenait le menu...

Pour s'habiller, le fait main et fait maison était la norme. C'était surtout pour les chaussures qu'il fallait régulièrement acheter neuf. "Je n'avais que trois paires de chaussures : une pour l'école, une paire de bottes en caoutchouc, et des baskets".

Pour le ménage et l'hygiène, tout était conditionné dans du carton ou dans du verre. Savon en bar, shampoing dans des bouteilles ou verres ou bakélite. "Même la laque était conditionnée dans des bouteilles en verre, on la rechargeait à la boutique, il fallait faire attention"

Pour une poignée de déchets

Dans ces conditions, les déchets étaient donc largement moins nombreux : "les papiers passaient dans le feu de cheminée, qui chauffait la maison et l'eau des bains qu'on prenait une fois par semaine" se souvient la mère de Marck Blackburn. De fait tous les emballages en verre, consignés, étaient ramenés et remplis de nouveau, sans parler du compost et de ce qui était donné au chien...

Seules les canettes et les conserves n'étaient pas recyclables. "En une semaine, notre famille de 7 personnes jetait la moitié d'une poubelle de choses que nous ne pouvions réutiliser ou ramener", se souvient la maman du blogueur.

De fait, se rappeler de telles habitudes soit nous inviter au bon sens en conclut l'auteur... J'ajouterai qu'il est temps de s'offrir un kit zéro déchet, et de réduire tant que possible ses déchets en se fournissant autant que possible en vrac, en cuisinant et en faisant beaucoup de choses par soi même...

J'aurais juste aimé voir les voitures sans plastique de l'époque, tout comme les frigo ou autres appareils électro ménagers... assurément, c'était aussi fort différent... En avez vous des souvenirs ? Une envie de partager en commentaire ? Allez, bonne fin de journée à ruminer du plastique !