Du 25 au 28 septembre, Léon XIV effectue un voyage en France qui le conduit de Paris à Lourdes, puis à Metz. Arrivé vendredi dans la capitale, il a rencontré Emmanuel Macron avant une visite au siège de l’Unesco, une célébration à Notre-Dame et une veillée avec des jeunes au Stade de France. Une messe est prévue samedi place de la Concorde. Ce retour d’un pape à Paris et à Lourdes est une première depuis le déplacement de Benoît XVI en 2008 : François était venu en France, notamment à Marseille, mais jamais dans la capitale.
La paix, la jeunesse et l’intelligence artificielle occupent une place importante dans le programme de la visite. L’écologie y est moins visible. Elle revient pourtant régulièrement dans les interventions de Léon XIV, qui la relie aux inégalités sociales et, plus récemment, aux effets du progrès technologique. Son passage en France offre l’occasion de revenir sur cette position, exprimée avant même qu’il ne devienne pape.
Une préoccupation antérieure à son élection
Léon XIV s’appelle Robert Francis Prevost avant son élection à la tête de l’Église catholique, en mai 2025. Six mois plus tôt, alors qu’il est encore cardinal, il participe à Rome à un séminaire sur les effets du changement climatique. D’après Vatican News, il y appelle à passer des paroles aux actes et défend une relation de réciprocité entre les êtres humains et la nature, plutôt qu’une logique de domination.
Devenu pape, il reprend le fil de Laudato si’, l’encyclique publiée par François en 2015. Ce texte défend une "écologie intégrale" : les atteintes à l’environnement ne peuvent être séparées de leurs conséquences pour les populations les plus pauvres. Lors d’une conférence organisée en octobre 2025 pour les dix ans de l’encyclique, Léon XIV salue cet héritage, tout en demandant qu’il débouche sur des changements concrets.
Il appelle chacun à revoir ses modes de vie, mais insiste aussi sur le rôle des États. Organisations et citoyens doivent, selon lui, "faire pression sur les gouvernements" pour obtenir des règles environnementales plus strictes. À l’approche de la COP30, il demande que les négociations entendent les populations les plus exposées aux conséquences du réchauffement.
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L’intelligence artificielle, un enjeu écologique aussi
Cette attention portée aux conséquences des choix humains éclaire également ses prises de position sur l’intelligence artificielle. Dans Magnifica humanitas, son encyclique datée du 15 mai 2026, Léon XIV examine les risques sociaux de cette technologie, mais rappelle aussi qu’elle repose sur des infrastructures bien réelles. Centres de données et systèmes d’IA mobilisent de l’énergie, de l’eau et des ressources naturelles.
La veille de son arrivée en France, le pape a de nouveau rapproché ces sujets devant l’Académie pontificale des sciences. Il a évoqué à la fois l’empreinte matérielle de l’IA et les effets du changement climatique sur les populations qui disposent du moins de moyens pour s’adapter. Il a appelé à anticiper les catastrophes plutôt qu’à intervenir uniquement lorsqu’elles surviennent.
Son passage à l’Unesco, où l’intelligence artificielle figure parmi les principaux sujets abordés, s’inscrit dans cette réflexion. Pour Léon XIV, la question n’est pas seulement ce que les nouvelles technologies permettent de faire, mais aussi quelles ressources elles consomment et à qui profite leur développement.