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Environnement

L’économie circulaire pour une transition bas carbone réaliste

Extraction de cobalt et nickel en Finlande.
©ALESSANDRO RAMPAZZO/AFP

Cuivre, graphite, nickel… Les ressources bas carbone ne sont pas infinies. La Stratégie Nationale Bas Carbone, fer de lance du gouvernement en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, ne prendrait pas en compte ce paramètre, d'après un nouveau rapport publié par Capgemini. Trois questions au spécialiste Alain Chardon.

Hydrogène, électricité, biomasse… Les ressources énergétiques bas-carbone françaises présentent de nombreuses contraintes méconnues. C’est ce que révèle une étude menée par l’Institut National de l’Economie Circulaire (INEC) en partenariat avec le cabinet de conseil Capgemini qui aborde la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC). Lancée en 2015, elle établit une feuille de route pour la réduction des gaz à effet de serre en France. D’après l’étude, la SNBC ne prendrait pas assez en compte certains facteurs qui pourraient poser des problèmes de disponibilité des ressources bas carbone comme l’importation, la quantité et le coût. Il s’agit de faire l’état des lieux de la transition bas carbone et des ressources minérales et naturelles à l’horizon 2050 et de voir comment celles-ci s’inscrivent dans l’économie circulaire. Entretien avec Alain Chardon, directeur Transition énergétique et développement durable de Capgemini. 

Pourquoi cette étude ?

Il y a eu beaucoup d’études majeures sur le sujet. Mais elles étaient davantage axées sur les énergies renouvelables, l’électricité et les métaux. Nous avons élargi le spectre de notre rapport aux différents domaines de la transition énergétique. Nous nous sommes rendu compte que la Stratégie Nationale Bas Carbone, un instrument institutionnel qui doit être révisé tous les cinq ans, ne traite que très peu des sujets de contraintes de ressources. Actuellement, cet outil ne pose pas la question des quantités disponibles de cobalt, de nickel ou même de ressources biomasse pour réaliser cette transition.

L’INEC a voulu étudier, quantifier, évaluer ce que peut apporter l’économie circulaire à la transition bas carbone. L’Institut a aussi voulu démontrer que l’économie linéaire n’est pas viable et qu’au contraire la circularité des ressources est indispensable. L’économie circulaire et la transition bas carbone concernent aussi bien les pouvoirs publics que le secteur privé et les domaines de l’énergie, la mobilité, et de la construction.

Quelles sont les ressources bas carbone à risque ?

Aujourd’hui nous manquons déjà de ressources. Certains chantiers sont arrêtés, notamment à cause de la crise sanitaire ou de la guerre en Ukraine qui provoquent des pénuries. Face à ces besoins croissants, nous avons élaboré deux scénarios. Nous avons évalué les besoins grâce à un nouvel indicateur : les "euros.criticité". Ils prennent en compte six dimensions : les réserves disponibles sous le sol, les concentrations du marché, les besoins, la substituabilité, la recyclabilité et les impacts sociaux environnementaux.

Le premier scénario part du postulat d’une faible circularité des ressources. Les métaux et le béton représentent nos besoins les plus importants. Viennent ensuite l’acier et l’aluminium, les réseaux terrestres et électriques. Contrairement à ce que l’on pense ce ne sont pas nécessairement les terres rares qui posent problème, étant donné que nous ne les utilisons pas en grande quantité. Avec une faible circularité, d’ici 2050, nous utiliserons trois fois plus de tonnes de ressources qu’aujourd’hui, que nous devrons payer au prix fort. Le deuxième scénario vise au contraire la sobriété, établit un mix énergétique plus équilibré, demande plus de recyclage et de réemploi. Ce qui permet tout de même de diminuer de 75 % le niveau de criticité par rapport au premier scénario. Il faudrait, pour éviter d’aller droit dans le mur et répondre à nos besoins, tabler sur des technologies basées sur la biomasse, accélérer la recherche et l’innovation pour réduire et optimiser nos besoins en ressources, et recycler au sein même des filières les métaux et les minéraux.

Comment l’économie circulaire répond-elle à ces problèmes de ressources ? 

Dans les 30 dernières pages du rapport, nous expliquons comment opérer cette transition carbone au moyen de l’économie circulaire. On préconise par exemple de pratiquer l’écoconception. L’objectif ne sera plus de faire du chiffre d’affaires grâce à un produit neuf, que l’on vendra une fois, mais grâce à un objet qui va vivre plusieurs vies. La deuxième solution réside dans l’organisation des filières et du territoire car il faut repenser la chaîne de production de bout en bout. On peut par exemple penser à réutiliser le béton provenant d’une éolienne dans la construction d’un nouveau bâtiment.

Le digital est aussi extrêmement important en ce qui concerne l’économie circulaire. Par exemple, les smartphones représentent un enjeu conséquent. Lorsqu’on achète un nouveau téléphone et que l’on rend l’ancien en magasin, il faut faire attention à ce qu’il ne parte pas dans un gros sac où il risque de se rayer ou de se casser. Il faut lui mettre une étiquette, le taguer et le faire sortir de la catégorie de déchet vers celle de produit de seconde main. La recherche et le développement sont aussi nécessaires pour inventer de nouvelles techniques comme le recyclage de certains métaux. Certaines entreprises tentent de progresser dans ce domaine, notamment au Canada ou aux USA qui essaient de trouver des solutions pour le recyclage du lithium. Concernant le réemploi on peut citer par exemple l’usine de Flins (Yvelines) qui a été transformée en usine de reconversion de véhicules d’occasion.

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