El Niño est un phénomène naturel qui revient tous les deux à sept ans. Les eaux de surface dans le centre et l'est de l'océan Pacifique équatorial se réchauffent, ce qui entraîne pendant des mois des modifications majeures des régimes de vents, de pression et de précipitations à l'échelle mondiale - et notamment au Pérou.
Cette année, la plupart des modèles prédisent un épisode El Niño d'ampleur exceptionnelle. Combiné au changement climatique d'origine humaine, le dernier El Niño a contribué à faire de 2023 la deuxième année la plus chaude jamais enregistrée et de 2024 l'année la plus chaude de tous les temps.
Début juillet, le Pérou avait placé quelque 800 de ses municipalités en état d'urgence face au "danger imminent" de fortes pluies associées à El Niño.
Un défi de taille
Dans ce contexte, Keiko Fujimori a annoncé lundi un investissement de 140 millions de soles (36 millions d'euros) dans de premiers travaux visant à retirer pierres et vase des lits de cours d'eau pour éviter qu'ils ne débordent en cas de fortes précipitations.
"Les travaux de désenvasement commencent (...) nous devons également travailler à la protection des berges", a déclaré Mme Fujimori à la presse à Piura, à près de 1.000 kilomètres au nord de la capitale, Lima.
Elle a également annoncé la mise en place prochaine d'abris.
"Le défi est de taille et nous avons peu de temps, nous avons quatre mois" avant le début de la saison des pluies, a-t-elle précisé. L'armée participera aux aménagements, d'après la présidente.
Plus de 9,3 millions de Péruviens sont exposés à un niveau de risque très élevé en raison des inondations et glissements de terrain associés à El Niño, selon le Centre national d'estimation, de prévention et de réduction du risque de désastres (Cenepred).
En 2023, inondations et glissements de terrain amplifiés par El Niño ont fait 99 morts au Pérou.
Avec AFP