Environnement

L'agroforesterie pour régénérer les sols : le pari de l'association "Cultivons une terre vivante"

Cultivons une terre vivante (CTV) est une association créée en 2011 à Laplume dans le Lot-et-Garonne. L'objectif de son fondateur, Stéphane Gatti : promouvoir une agriculture de régénération par l'agroforesterie et la couverture du sol sans jamais le travailler. La présence d'arbres et de végétaux permet la prolifération des micro-organismes qui enrichissent le sol sans apporter de fertilisant chimique. En mars 2018, l'agroforesterie sera présente sur 40 hectares de ses champs, soit un tiers de son exploitation, la Ferme du Pech. Ces parcelles lui servent de laboratoire pour expérimenter de nouvelles techniques et partager ces résultats. Il est accompagné dans sa démarche par Agr'eau, un programme de développement de la couverture végétale en Adour-Garonne.
©Chloe Goudenhooft/ Justin Hawkins
Le couvert des sols est pensé pour augmenter le taux de matières organiques et pour apporter les enzymes et minéraux nécessaires pour les différents plantations commercialisées. Certaines cultures, comme le tournesol, riche en huile, ou la féverole, qui fixe l'azote de l'air, sont plantées uniquement parce qu'elles vont rééquilibrer le sol ou pour attirer les insectes, préservant ainsi la culture principale de la parcelle. Les tournesols attirent aussi les oiseaux qui vont enrichir le champ d’enzyme avec leur déjection. Ces végétaux sont ensuite détruits par le gel ou de façon mécanique. Les résidus contribuent quant à eux à la couverture du sol.
©Chloé Goudenhooft/ Justin Hawkins
Dès 2012, Stéphane Gatti a pu planter des lignes d'arbres sur 17,5 hectares selon les principes de l’agroforesterie grâce à l'aide de l'organisme Arbre et Agriculture en Aquitaine. Leur présence permet de tamponner les aléas climatiques, de réguler l'eau, de faire de l'ombrage, de couvrir le sol de branchages et de feuilles et crée une ambiance végétale en surface qui influe sur la vie du sol. Puisque l'eau à la surface du champ est adsorbée par les cultures, les arbres vont devoir puiser plus profondément avec leurs racines, ce qui contribue à travailler le sol naturellement. Dix-neuf essences différentes s'épanouissent sur les champs de Stéphane Gatti. Le bois produit sera revendu d'ici plusieurs dizaines d'années.
©Chloé Goudenhooft/ Justin Hawkins
Contrairement à une agriculture traditionnelle qui minéralise la terre et diminue le niveau du sol, l'agriculture de régénération le rend vivant et fertile mais lutte aussi contre l'érosion. La preuve avec l'activité des vers de terre au sein du champ. Ils évacuent leurs déchets à la surface sous la forme d'un petit tas appelé turricule. Ce rejet vient augmenter le taux d'humus et apporte des enzymes au sol.
©Chloé Goudenhooft/ Justin Hawkins
Le couvert permet aussi de stocker le carbone dans le sol. Le fait de ne pas travailler la terre et de l'enrichir de façon naturelle entraîne le développement de toute une activité biologique à même le champ, d'où l'apparition de champignons. Stéphane Gatti reconnaît néanmoins recourir à des interventions chimiques pour lutter contre certaines mauvaises herbes. Tout arracher de façon manuelle demanderait une main-d’œuvre colossale et ne lui paraît pas réaliste.
©Chloé Goudenhooft/ Justin Hawkins
Pour augmenter l'activité biologique au sein de son champ, Stéphane Gatti veut développer des parcelles maraîchères dans les espaces disponibles entre ses arbres. Une tentative a été réalisée par des membres de l'association CTV. L'agriculteur cherche désormais un cultivateur qui vienne utiliser ses espaces.
©Chloé Goudenhooft/ Justin Hawkins
Pratiquer une culture de régénération consiste à s'appuyer sur la nature pour optimiser le potentiel de la terre et des végétaux. Mais pour y parvenir, il faut connaître les besoins et les qualités de chaque espèce et organiser la rotation des cultures en fonction de ce savoir à la fois théorique et pratique. Le but de l'association consiste à réfléchir à ces pratiques et à les partager pour tirer le meilleur partie de la nature.
©Chloé Goudenhooft/ Justin Hawkins
Pour promouvoir le recours au couvert et les échanges en circuit-court, l'association CTV récupère les déchets verts des entreprises et des communautés locales et les transforme en bio-fibre revendue ensuite aux agriculteurs.
©Chloé Goudenhooft/ Justin Hawkins
A leur échelle, les membres de l'association pratiquent aussi la culture de couvert dans leur propre jardin. CTV met à disposition une machine qui fabrique du bois raméal fragmenté (BRF), un mélange non composté de résidus de broyage et de rameaux de bois à disposer sur les cultures. Cette belle citrouille, partagée lors de l'assemblée générale de l'association fin décembre 2017, est le fruit de cette culture respectueuse du sol et de la nature.
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Les membres de l'association se réunissent tous les mois autour de conférences et de vidéo-projections pour partager leur expérience, mais Stéphane Gatti cherche aussi à promouvoir ce type d'agriculture auprès du plus grand nombre. Une rencontre régionale avait été organisée à même les champs à l'été 2011 pour faire la promotion de l'agroforesterie et des couverts végétaux. Chaque année, à l'occasion de la manifestation de Ferme en Ferme fin avril, Stéphane Gatti ouvre ses portes à tous les curieux.
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L'association Cultivons une terre vivante promeut une agriculture de régénération sur la base de l'agroforesterie, soit la plantation d'arbres à même les champs, et du couvert végétal comme substitut au travail de la terre. Résultat : une culture qui utilise moins d'intrant chimique et produit un sol riche et vivant.

Couvrir le sol sans jamais le travailler, tel est le credo de l'association Cultivons une terre vivante (CTV). Créé dans le Lot-et-Garonne il y a 5 ans, l'organisme promeut un type d'agriculture qui puise sa force dans les échanges entre les plantes et les micro-organismes. Des arbres sont plantés dans les champs selon les principes de l'agroforesterie pour nourrir le sol et différentes cultures sont utilisées sur une même parcelle pour fournir un couvert. Ce procédé enrichit la terre de manière naturelle et protège les cultures.

L'association promeut cette pratique par le biais du partage d'expérience mais aussi en recyclant des déchets verts revendus aux agriculteurs afin qu'ils les utilisent pour couvrir leurs champs. CTV met enfin à disposition de ses membres des sortes de copeaux appelés bois raméal fragmenté à utiliser dans les jardins particuliers.