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Kenya : un bateau construit avec des tongs pour lutter contre la pollution plastique

Le Flipflopi, un boutre construit à partir de 10 tonnes de déchets plastiques. (Lamu, Kenya).
©GIOIA FORSTER / DPA / DPA PICTURE-ALLIANCE/ AFP

La construction de ce bateau à partir de déchets plastiques a duré trois ans : l'embarcation vient de se lancer dans une expédition de 500 km lors de laquelle des escales seront faites pour sensibiliser les populations locales au recyclage et au réemploi des produits en plastique. 

Le "Flipflopi" est un boutre - un type de voilier arabe, élevé à l’arrière et fin à l’avant – construit à partir de dix tonnes de plastique collectées, découpées puis moulées. La coque est ainsi composée de 30 000 tongs ramassées sur les plages kenyanes - ce qui est à l'origine du nom du bateau car tong se dit "flip-flop" en anglais -. 

Le 24 janvier, l’embarcation a entamé une expédition de 500 km, depuis l’île kenyane de Lamu jusqu’à Stone Town au Zanzibar. Elle fera escale dans plusieurs villes et villages tout au long de son parcours, jusqu’à l’arrivée prévue le 6 février. 

L’objectif de cette expédition est de sensibiliser le public au caractère nocif des objets en plastique à usage unique, mais aussi d’apprendre aux communautés locales à recycler leurs déchets avec des moyens simples

C’est une occasion de mobiliser et d’influencer les populations de consommateurs émergentes de la région de l’océan Indien pour qui les plastiques à usage unique et la culture du jetable ne sont pas complètement familières, et d’éviter ce qui s’est passé dans les pays développés où les citoyens essaient maintenant de modifier leurs habitudes de consommation. Dipesh Pabari, chef de projet (propos rapportés dans un communiqué de l'ONU).

Si la construction - entièrement réalisée par des bénévoles - a été financée à partir de dons, l’expédition elle, est soutenue par le PNUE (le Programme des Nations Unies pour l’Environnement), dans le cadre de la campagne "Océans Propres" lancée en 2017.

Le Flipflopi est la preuve vivante que nous pouvons vivre différemment,  c’est un rappel du besoin urgent de repenser la manière dont nous produisons et utilisons les plastiques à usage unique. Joyce Msuya, membre du PNUE (propos rapportés par Le Monde).

Le Kenya s’était déjà démarqué des autres pays dans ses efforts pour lutter contre la pollution plastique : en 2017 le pays a interdit les sacs en plastique. Leur utilisation peut désormais être sanctionnée par des peines d'amende ou de prison.