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Politique

Julien Bayou, de l'activisme virevoltant à la direction d'EELV

Julien Bayou reprend la tête du parti EELV.
©Twitter

Il a fait ses armes dans les associations de lutte contre le mal-logement, l'évasion fiscale, la précarité des stagiaires : Julien Bayou a pris samedi la tête d'Europe Écologie-Les Verts, un parti en quête de nouvelles victoires.

Vendeur de bonbons, livreur de pizzas, téléopérateur en centre d'appel... L'actuel porte-parole d'EELV, 39 ans, a enchaîné les petits boulots avant de faire des études à l'Institut d'études politiques de Strasbourg, puis de Paris. A la fin de son master en économie internationale, ce Parisien, né dans une "famille de sensibilité de gauche, avec une mère maoïste", avoue être confronté à un dilemme : "Choisir entre le monde classique de la finance ou de l'assurance, ou pas...". Ce sera pas.

Son truc à lui ? "L'administration, en l'occurrence celle de l'Éducation nationale, et le conseil pour l'Unesco", dit celui qui est aujourd'hui élève avocat - après avoir repris ses études par correspondance -, élu conseiller à la région et toujours militant. Il réalise ses premiers faits d'armes avec la création, avec une poignée de copains, du collectif "Générations précaires" en 2005. Masque blanc sur le visage pour garder l'anonymat, il dénonce le recours abusif aux stagiaires dans certaines entreprises. A force d'actions coups de poing, le groupe obtiendra l'obligation d'avoir une convention et de rémunérer les stages d'une durée supérieure à trois mois.

Julien Bayou met ensuite son talent pour le verbe et les slogans chocs au service de nouveaux combats, et devient progressivement "scintillant et médiatique", comme le dit son vieil ami de quinze ans, Manuel Domergue. Il fonde ainsi "Jeudi noir" pour lutter contre le mal-logement à Paris et les loyers excessifs en squattant des immeubles vides. Ou "Sauvons les riches", avec des coups d'éclat en pleine assemblée d'actionnaires, pour réclamer plus d'égalité. Le collectif a notamment offert à Jacques Séguéla une montre Casio, qui "lit l'heure comme une vraie Rolex", une allusion à la polémique créée par le communicant, qui considérait qu'"à 50 ans si on n'a pas une Rolex, on a raté sa vie".

"Écologie très à gauche"

Récemment, il a cofondé "Notre affaire à tous", qui fait partie des associations qui ont assigné l'État pour inaction face aux changements climatiques. Si son audace dans les milieux associatifs ou écologistes lui permet de marquer des points, le militant à la chevelure châtain et touffue a tardé à transformer l'essai en politique avec les écologistes, contrairement à Raphaël Glucksmann (PS-PP) ou Ian Brossat (PCF), de la même génération que lui. Au congrès d'EELV en 2013, sa liste "Love" arrive loin derrière celle d'Emmanuelle Cosse, d'Yves Cochet et Alain Lipietz. Qu'importe. Il deviendra porte-parole du parti la même année, avant d'être élu conseiller régional d'Ile-de-France. Mais en juin 2019, alors qu'il prépare le terrain depuis longtemps en interne, il est battu par David Belliard lors de la primaire qui investit le candidat à la mairie de Paris.

Certains dans le parti considèrent que son statut d'éternel activiste cadre mal avec l'ambition nouvelle des écolos d'exercer le pouvoir. Mais le secrétaire national sortant, David Cormand, y voit surtout un avantage : "L'ADN de l'écologie politique est précisément l'activisme, de Cohn-Bendit à Jadot. Julien n'est pas juste cheveux aux vents à crier dans la rue. C'est un activiste sérieux, qui a de solides capacités d'organisation."

"Julien est plus sur la ligne écolo-citoyen-activiste. A Paris, il est revenu à ses alliances traditionnelles, une écologie très affirmée à gauche", explique à l'AFP le maire écologiste du IIe arrondissement parisien, Jacques Boutault, un proche. Julien Bayou prend volontiers en exemple les mesures prises par Eric Piolle, maire écologiste de Grenoble, qui "a diminué de façon drastique la pollution en ville en diminuant la place de la voiture, faisant des pistes cyclables ou interdisant les panneaux publicitaires".

"Est-ce que c'est radical ? Est-ce que c'est subversif ? Non, c'est écolo", tranche-t-il. Mais à l'inverse, pour un opposant de gauche, "Julien c'est LFI version vert".

Avec AFP.

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