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Environnement

Greenpeace appelle à stopper la vente de voitures à moteur thermique d'ici 2028

©Rainer Fuhrmann

Afin de respecter l'objectif de limiter la hausse des températures à 1,5 °C, l'Union européenne devra réduire de plus de 80 % le nombre de voitures essence et diesel circulant sur ses routes d'ici à 2035, selon l'ONG. 

Si l'Union européenne veut conserver toutes ses chances de tenir ses engagements en faveur de l'Accord de Paris, elle devra dire adieu aux voitures particulières alimentées aux énergies fossiles d'ici 10 ans. C'est la conclusion d'un rapport du Centre allemand pour l'aéronautique et l'astronautique (DLR) commandé par Greenpeace Belgique, qui estime que l'Europe devra interdire la vente des véhicules équipés "d’un moteur à combustion interne (essence ou diesel), et même d’un moteur hybride conventionnel" au plus tard en 2028, en vue d'atteindre l'objectif de limitation de la hausse des températures mondiales à 1,5 °C. En parallèle, le parc de ce type de véhicules devra diminuer de 80 % d'ici 2035, pour une disparition complète au début des années 2040. Dans un tel scénario, le DLR estime qu'il y aurait 66 % de chances de contenir le réchauffement global tel que prévu.

Plus globalement, c'est le concept même de voiture particulière qui est dans le viseur de Greenpeace, qui précise notamment que le remplacement de l'ensemble des voitures diesel et essence en circulation par des voitures électriques ne constituerait pas une "solution suffisante, au vu de leur impact sur le climat et de leur coût environnemental". "Pour limiter le réchauffement climatique et préserver nos ressources naturelles, il faut absolument réduire le nombre de voitures sur les routes, quelle que soit la technologie. La voiture individuelle doit laisser la place aux transports en commun, au train, au vélo, à la marche et au partage de véhicules", développe Sarah Fayolle, chargée de campagne Climat et Transports à Greenpeace France.

Des plannings à revoir

L'idée de bannir la vente des voitures diesel et essence en vue dans le cadre d'une stratégie bas-carbone n'est pas neuve en Europe, les véhicules privés représentant aujourd'hui entre 13 et 15 % des émissions totales de gaz à effet de serre dans l'UE+2 (Norvège et Suisse). Ces dernières années, plusieurs pays et villes européens ont d'ailleurs exprimé leur intention d'interdire la vente des voitures les plus polluantes dans les décennies à venir. C'est le cas par exemple de la Norvège et des Pays-Bas qui ont annoncé respectivement l'interdiction des ventes de véhicules diesel d'ici à 2025 pour le premier et des voitures à moteurs thermiques d'ici 2030 pour le second. Mais également de la France, où la fin des énergies fossiles a été fixée à l'horizon 2040.

"Beaucoup trop tard", estime Greenpeace, à l'heure où "les débats qui ont actuellement cours entre le Parlement et les gouvernements européens sur les nouvelles normes de CO2 pour les voitures et les camionnettes sont aussi la démonstration de l’immobilisme de nos responsables politiques".