LE BRIEF

Emmanuelle Wargon, gaspillage alimentaire et chiffres du recyclage, ce qu'il ne fallait pas manquer cette semaine

©Eric FEFERBERG/AFP

Au programme de l'actualité durable cette semaine : la nomination d'Emmanuelle Wargon, ancienne de Danone, au secrétariat du ministère de la transition écologique, la sixième journée de lutte contre le gaspillage alimentaire et la plainte déposée contre deux établissements McDonald's et KFC pour absence de tri. 

Oublié Lecornu. Désormais, il faudra se référer à Emmanuelle Wargon pour discuter d'écologie. Cette haute fonctionnaire, passée pendant trois ans chez Danone en tant que directrice des affaires publiques, a été nommée mardi 16 octobre secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire François de Rugy à l'occasion du remaniement ministériel. 

Une nomination qui n'a pas tardé à faire réagir, notamment après la diffusion d'une séquence montrant l'intéressée affirmer que "l'huile de palme est le meilleur ingrédient pour les laits infantiles et donc on en a besoin et on est tout à fait capable d'expliquer pourquoi". Des propos qui ont déclenché l'ire de plusieurs élus dont Yannick Jadot, tête de liste EELV pour les européennes, et Benoît Hamon, fondateur du mouvement Générations, dénonçant notamment un "très mauvais signal pour l'écologie". 

"La polémique est née d'une vidéo tronquée", s'est de son côté défendue Emmanuelle Wargon lors d'un entretien accordé à Libération. "J'ai commencé par dire que la surexploitation de l'huile de palme pose un problème majeur de déforestation, et je le redis aujourd'hui", a-t-elle poursuivi, annonçant au passage la publication prochaine d'une "stratégie de lutte contre la déforestation importée". "J'espère être jugée sur mes actes. Je m'inscris totalement dans la feuille de route du gouvernement en matière de transition écologique et solidaire, sur tous les sujets", a également déclaré la secrétaire d'Etat à l'Ecologie. 

Journée de lutte contre le gaspillage alimentaire 

Mardi 16 octobre a eu lieu la sixième édition de la journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire, phénomène qui conduit chaque année en France près de 10 millions de tonnes de nourriture à la poubelle, dont 2 millions seraient encore consommables. A cette occasion, des centaines d'opérations ont été menées dans l'Hexagone afin de sensibiliser l'ensemble des acteurs, publics comme privés, à des solutions pour moins gâcher. 

A Paris, c'est la voie de la redistribution qui a été adoptée par l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris qui a mis en expérimentation, depuis septembre, un système de dons des plats non consommés à des associations caritatives telles que les Restos du coeur et Entraide et partage avec les sans logis. Résultat : après 16 jours de collecte à la Pitié Salpêtrière, 850 portions ont été distribuées. Malgré quelques difficultés à gérer, l'ambition est à terme de porter l'initiative à l'ensemble des hôpitaux de l'AP-HP "et de leurs 23 millions de repas par an". 

Selon l'Ademe, qui a publié cette semaine une étude sur la question, entre 100 à 170 g d'aliments seraient gaspillés par personne à chaque repas dans les cantines de la restauration collective, qui sert annuellement 3,4 milliards de plats. 

Le défi du recyclage

Le recyclage se porte bien. En 2017, les "1100 entreprises du secteur regroupées au sein de l'association professionnelle Federec ont collecté près de 105 millions de tonnes de déchets (bois, verre, métaux, plastiques, etc.), soit 2 % de plus qu'en 2016", selon le rapport annuel de Federec. Sur la période, le chiffre d'affaires de la filière a atteint 9 milliards d'euros, contre 8,6 milliards l'année précédente. 

Pas de quoi rassurer totalement le secteur cependant, qui s'inquiète notamment des "taxes sur l'acier mises en place par les Etats-Unis", de l'"extension par la Chine de sa politique de restrictions aux importations de déchets, ou encore, sur le segment des déchets du BTP",  d'"un essoufflement des mises en chantier et de l'activité des producteurs de matériaux de construction".

En attendant, tous les acteurs ne se prêtent pas au jeu. Jeudi 18 octobre, Zero Waste France a déposé plainte contre deux établissements McDonald's et de KFC pour non respect de la législation française en matière de gestion des déchets. Au cours d'une enquête, l'association a pu constater l'absence de poubelles de tri dans ces franchises situées place de la République à Paris, alors que la plupart des déchets produits par le secteur de la restauration rapide sont recyclables. Un "immense gâchis", regrette-t-elle dans un communiqué