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DOSSIER CLIMAT

Covid et climat : pourquoi les réactions divergent à ce point face aux deux crises ?

Les épisodes de sécheresse sont amenés à se multiplier avec le changement climatique.
©ElenaBaca (Pixabay License)

Confinements, couvre-feux, aides financières... Pour limiter les impacts sanitaires, sociaux et économiques de la pandémie, des décisions exceptionnelles ont été prises. La crise climatique requiert, elle aussi, des mesures urgentes et conséquentes, qui, pourtant, tardent à venir. 

Alors que des mesures exceptionnelles ont été prises pour enrayer la pandémie de Covid-19, les décisions fortes permettant d'atténuer le changement climatique se font toujours attendre.

La crise du climat bat pourtant son plein et les émissions de gaz à effet de serre d’origine anthropique ne cessent de croître depuis trente ans, malgré les engagements promis par la communauté internationale. L'urgence, martelée par les climatologues depuis des décennies, peine à se transformer en action.

Des doutes qui demeurent

Comment expliquer cette divergence ? Les raisons sont multiples et complexes. L'une d'entre elles pourrait être le climatosceptiscisme. A l'instar de l'ancien ministre Claude Allègre ou du physicien Vincent Courtillot, en France, ou encore des présidents des États-Unis et du Brésil Donald Trump et Jair Bolsonaro, les discours qui nient la réalité du changement climatique ou le minimisent, persistent et sèment le doute.

Ainsi, pour plus d'un tiers des Français le réchauffement de l’atmosphère terrestre dû à l’augmentation de l’effet de serre est "une hypothèse sur laquelle les scientifiques ne sont pas tous d'accord", selon l'enquête "Les représentations sociales du changement climatiquede l'ADEME, l'agence de la transition écologique. Et pour plus de 20 % des Français, le réchauffement climatique actuel est "un phénomène naturel qui a toujours existé". Or, la quasi-totalité des climatologues qui ont publié une étude sont formels sur l'existence et l’origine anthropique de la crise du climat.

Savoir sans y croire

L'absence de savoirs n'est pas la seule explication. Le changement climatique est encore considéré comme  "distant, invisible, contesté" alors qu’une menace, "pour être pris[e] au sérieux", doit être "concrète, immédiate et irréfutable", selon le psychologue et économiste américain Daniel Kahneman.

Ainsi, la crise climatique qui prend forme sous nos yeux, année après année, nous paraît encore lointaine, dans le temps comme dans l’espace. A l'inverse, la crise sanitaire et ses décomptes quotidien rendent la pandémie plus palpable.

Le philosophe Jean-Pierre Dupuy affirmait, quant à lui, en 2002 : "Nous savons ces choses [que l’humanité est capable de s’anéantir, ndlr], mais nous ne les croyons pas."

Le cerveau, un ennemi

Une discipline, l’écopsychologie, tente de comprendre le rôle du cerveau dans notre inaction. Ce qui "nous amène à nier notre responsabilité dans les changements climatiques repose sur la manière dont notre cerveau est formaté par nos origines, notre perception des menaces, les points aveugles de notre psyché et nos instincts défensifs", explique dans un ouvrage le britannique George Marshall, défenseur de la théorie du "Syndrome de l'autruche".

Sébastien Bohler, docteur en neurobiologie et journaliste scientifique, accuse, lui, l'une des parties de notre cerveau, le striatum, dans son livre Le Bug humain. Boosté par le pouvoir, le sexe ou la nourriture, il générerait de la dopamine, et donc du plaisir. Ce qui favoriserait la surconsommation et freinerait nos changements de comportements.

Enfin, "l’absence d’expérience sensible [liée au changement climatique] dans notre quotidien, la force de l’habitude, du confort, de l’inertie sera susceptible d’amoindrir nos bonnes résolutions", explique le militant Cyril Dion, dans une préface.

Créer de nouveaux récits, désirables, mobilisateurs, fait de solutions concrètes, pourrait être une solution pour affronter les immenses enjeux climatiques qui nous paralysent.

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