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Allain Bougrain-Dubourg : "Les oiseaux victimes d'une bombe à retardement"

Allain Bougrain-Dubourg, grand défenseur de la cause animale, président de la Ligue pour la protection des oiseaux.
©XAVIER LEOTY / AFP

Sale temps pour les oiseaux marins. Du côté de l'arc Atlantique, on a retrouvé près d'une centaine de guillemots de troïl noyés dans les filets de pêcheurs (il s'agit uniquement de ceux qui furent déclarés) en moins d'un mois. Du côté de la Manche, c'est le Tanio qui refait parler de lui.

Il y a 40 ans, ce pétrolier malgache de 192 mètres se casse en deux au large de l'île de Batz (Finistère). À bord, 2700 tonnes de fuel. 10 000 d'entre elles vont noircir 200 kilomètres de côte entrainant la mort de plus de 40 000 oiseaux. Gisant par 80 mètres de fond, le navire n'a pas fini de vomir son poison. Il reste encore plus de 5000 tonnes de pétrole dans son ventre malgré les opérations de pompage et de colmatage engagés à l'époque. Or, entre novembre et décembre 2019, des dizaines d'oiseaux mazoutés sont retrouvés sur les plages sans que des pollutions ne soient signalées par ailleurs. Le pétrole qui les a étouffés est rapidement identifié par le CEDRE, il s'agit du Tanio. La marine nationale décide alors d'envoyer le Diomède, un sous-marin téléguidé. Pas de doute, il s'agit bien du Tanio. Le 6 janvier la Préfecture Maritime de l'Atlantique confirme même que 3 des 10 plaques installées pour boucher les orifices de la coque ont, depuis, été arrachées par des engins de pêche et qu'un des orifices présente une nouvelle fuite intermittente d’hydrocarbure. L’ennui c'est que la Préfecture a souligné "qu'aucune pollution en mer, ni sur les plages, n'a été repérée depuis les travaux effectués sur la coque du Tanio en septembre 2020".

La LPO conteste formellement ces propos rassurants. Ce sont plus de 150 oiseaux marins qui ont été dénombrés durant ces dernières semaines, sans compter évidemment tous ceux qui n'atteignent pas les côtes. Or, les oiseaux mazoutés sont des indicateurs de pollution en mer, même si la pollution ne touche pas le littoral.

Ainsi donc on se satisferait d'une situation qui conduira immanquablement à favoriser une "bombe à retardement".

C'est à Annick Girardin, ministre de la mer, de prendre désormais la barre pour que les oiseaux de mer n’agonisent plus sur les plages bretonnes.

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