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Entreprises

Transport aérien : les pilotes de ligne ne veulent pas de l'écotaxe

©motive56/Shutterstock

Le principal syndicat de pilotes de ligne, le SNPL, a demandé jeudi au gouvernement de renoncer à son projet d'écotaxe sur le transport aérien, "dangereuse pour les entreprises" du secteur.

La ministre des Transports Élisabeth Borne avait annoncé la création de cette taxe en juillet. Elle doit s'appliquer dès 2020 à toutes les compagnies aériennes sur les billets d'avion pour les vols au départ de la France. Son produit doit être consacré à des investissements dans des infrastructures de transports plus écologiques, notamment le ferroviaire.

Mais pour le président du Syndicat national des pilotes de ligne, Yves Deshayes, "après avoir failli à proposer une solution pour le sauvetage d'Aigle Azur et de XL Airways, le gouvernement annonce à la place une augmentation de 80 % de la taxe 'Chirac' sur le transport aérien !". La taxe de solidarité sur les billets d'avion, appelée taxe Chirac, prélevée sur le prix des billets, est destinée à financer l'organisme international Unitaid, qui finance des médicaments pour les pays en développement.

"Cette taxe de solidarité n'en aura donc plus que le nom, puisque les 180 millions d'euros supplémentaires seront reversés à l'Agence de Financement des Infrastructures de Transport de France au profit de la route et du rail, agence très critiquée par la Cour des Comptes, qui a fait le constat de l'absence de plus-value apportée par l'opérateur de l'État sans feuille de route ni marge de manoeuvre et qui la qualifie même 'd'instrument de débudgétisation qui permet de contourner les règles de droit budgétaire'", ajoute M. Deshayes. Il cite par ailleurs plusieurs rapports soulignant "la fragilité du secteur (aérien), trop faiblement rentable pour être soumis à de lourdes taxes, à des distorsions de concurrence, à des lourdeurs administratives préjudiciables".

Le SNPL demande donc au gouvernement de supprimer du projet de loi de finances 2020 "cette mesure aussi dangereuse pour les entreprises de l'aérien qu'inutile pour l'environnement".

Aigle Azur, qui existait depuis 1946, a définitivement cessé son activité vendredi dernier faute de repreneur. XL Airways, compagnie à coûts réduits née en 1995, en redressement judiciaire, a interrompu ses vols lundi.

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Avec AFP.