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Entreprises

Amazon à nouveau au centre des critiques face aux plus petits commerces

Entrepôt d'Amazon.
©MikeDotta/Shutterstock

Elus et associations appelant au boycott, petits commerçants dénonçant une concurrence déloyale, organisations syndicales protestant contre des conditions de travail pénibles : le géant de la vente en ligne Amazon est une nouvelle fois au centre des critiques en France.

"Les critiques attaquent Amazon sur de nombreux sujets", a observé l'entreprise. "Nous sommes devenus, malgré nous, un porte-voix pour certaines organisations souhaitant assurer une meilleure médiatisation des causes qu'elles représentent".

Mardi, des élus de gauche et écologistes comme la maire de Paris Anne Hidalgo (PS) ou celui de Grenoble Eric Piolle (EELV), des personnalités du monde de la culture et des associations (France Nature Environnement, Greenpeace ou la confédération des commerçants de France et le syndicat de la librairie française) ont pris "l'engagement" d'un Noël sans Amazon. Les pétitionnaires plaident pour privilégier le recours aux commerces de proximité, en souffrance en raison du reconfinement décidé pour endiguer l'épidémie de Covid-19, ou à l'économie circulaire pour les cadeaux de Noël. "C'est aussi une pétition positive au bénéfice des commerçants de proximité et d'un e-commerce plus durable", a expliqué l'ex-LREM Matthieu Orphelin. La pétition réclame également des lois "qui mettent fin à la concurrence déloyale et à l'injustice fiscale entre les mastodontes du numérique et les commerces physiques et de proximité".

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a estimé mardi que "ce qui est absolument scandaleux et inacceptable, c'est que les biens manufacturiers soient plus taxés que les biens immatériels qui sont commercialisés par les géants du digital", ces derniers réalisant "des profits considérables". En revanche, M. Le Maire a tancé ceux qui demandent l'interdiction du géant américain. "Au XIXe siècle, on a voulu interdire la machine à vapeur, les métiers à tisser, c'est toujours la même histoire. Dès qu'il y a une révolution technologique, ceux qui ne disposent pas de cette révolution voudraient l'interdire". "La bonne attitude n'est certainement pas d'interdire Amazon, mais de nous doter nous-même de champions du commerce digital".

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Une solution "à trouver du côté de l'innovation"

Avec 7,4 milliards d'euros de ventes sur 12 mois, Amazon détient quelque 16,5 % du marché français des biens physiques vendus en ligne, si l'on inclut les grandes surfaces alimentaires dans l'équation, selon de récentes estimations du panéliste Kantar. "Hurler contre Amazon, ça n'est pas très productif", estimait aussi début novembre Edouard Nattée, directeur général de Foxintelligence, qui mesure l'activité des entreprises de commerce en ligne. "La solution est à trouver du côté de l'innovation", expliquait-il à l'AFP, mais il faut "le cadre législatif, le soutien de la Poste et d'autres services publics pour que les petits commerçants puissent s'aligner sur les places de marché numérique". "Il faut aider le commerce français à se moderniser, pas arrêter Amazon", a observé mardi Yves Puget, le directeur de la rédaction du magazine LSA, sur RTL. Pour lui, cela peut se faire via des baisses d'impôts, certaines organisations professionnelles plaidant par exemple pour la fin de la TaSCom, une taxe sur les surfaces commerciales.... qui ne s'applique pas aux entrepôts d'Amazon.

Amazon défend ses emplois

De son côté, Amazon se défend en revendiquant accompagner "plus de 11 000 entrepreneurs et commerçants français" et employer "plus de 9300 personnes en France, au service de nos clients", et plaide que "les emplois que nous proposons s'accompagnent d'un salaire et d'avantages sociaux compétitifs ainsi que d'excellentes opportunités de carrière, le tout dans un environnement de travail positif, sûr et moderne".

Ce n'est pas l'avis de certaines organisations représentatives des salariés du géant en France. "Il y a des masques, la distanciation existe, mais c'est vraiment beaucoup plus difficile sur certains sites", a déclaré mardi à l'AFP Jérôme Guillain, délégué SUD (1er syndicat) à Lauwin-Planque (Nord). Les syndicats SUD et CGT d'Amazon réclament des contreparties au surcroît d'activité pendant le confinement, notamment une augmentation de 2 euros brut de l'heure (comme lors du premier confinement) et le maintien à 100 % du salaire des personnes à risque qui sont en activité partielle.

"Mais le fait est qu'Amazon offre déjà la plupart de ce qu'ils demandent, à savoir des salaires et des avantages sociaux compétitifs", a répondu le groupe dans un communiqué adressé à l'AFP mardi soir. Amazon a notamment rappelé qu'un accord avait déjà été signé cet été avec une prime de 500 euros versée en juillet, puis une nouvelle prime prévue pour la fin d'année.

Avec AFP.

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