Education/Citoyenneté

En France, les jeunes de nouveau dans la rue pour l'action climatique

©JULIE FRANCHET / HANS LUCAS / AFP

Des milliers de jeunes gens - dont environ 15.000 à Paris - étaient de nouveau dans la rue vendredi en France pour réclamer aux dirigeants davantage d'action contre le réchauffement planétaire, ont constaté des journalistes de l'AFP. Cette 2e grande journée de grève pour le climat a cependant moins mobilisé que le 15 mars.

Dans la capitale, 14.800 personnes ont défilé, à vive allure, d'Opéra à République, selon un comptage du cabinet Occurrence pour un collectif de médias dont l'AFP. En mars elles étaient entre 29.000 et 40.000 selon les sources.

"Désolé maman, je sèche comme la planète", résumait une pancarte. Dans la foule, Pauline, Franco-Allemande de 16 ans, lycéenne à Versailles, déjà là en mars. Elle montre sa pancarte "make no CO2" avec un drapeau de l'UE: "les élections européennes sont super importantes car c'est le dernier Parlement qui pourra faire quelque chose", avant qu'il ne soit trop tard pour le climat, estime-t-elle.

Maxence, 19 ans, étudiant en sports études, d'Aubervilliers, explique marcher "pour (son) avenir, pour dire qu'on peut en avoir un". Il dit avoir épluché les programmes des partis et regarder ceux qui parlent "du climat et des études". En tête de cortège, des militants anti-capitalistes ont scandé "ah ah anti capitalistes" en passant devant un bâtiment de BNP Paribas. Aperçus aussi, des militants anti-nucléaire, des anti-publicité décrochant les affiches, une poignée de "gilets jaunes"...

À deux jours du scrutin européen, la France insoumise, tracts en main, Europe Ecologie (EELV) ou les Jeunesses communistes sont là. Avant le départ, certains manifestants s'étaient rendus à la mairie du XIXe arrondissement pour retirer le portrait officiel du président Emmanuel Macron, dans une campagne de "décrochage" menée depuis trois mois pour réclamer plus d'action contre le réchauffement.

"Chaud must not go on" 

A Lyon, la journée a réuni 3.000 personnes selon les organisateurs, 2.000 selon la préfecture, avec en banderole de tête "6e extinction, toutes et tous en action". La mobilisation était plus faible qu'en mars (12.000), mais l'organisation affichait sa satisfaction après la tenue de plusieurs actions de désobéissance civile: 60 arbres plantés, et 6 tronçons de pistes cyclables peints à la bombe. Selon l'association Alternatiba, deux mineurs ont été interpellés pour avoir tracé les fausses pistes.

Dans le cortège, Fleur, lycéenne de 1ère, s'était dessiné deux traits verts de guerrière du climat sur les joues: "Je suis là pour inciter les gens à voter Verts dimanche parce que nous on peut pas le faire".

Pauline, 13 ans, surveillée de loin par sa mère qui l'a autorisée à venir pour sa 2e manif climat: "Si on fait tous des efforts, on peut sauver la planète". À Montpellier, 1.400 (préfecture) à 3.000 (organisateurs) jeunes, accompagnés de quelques adultes dont des enseignants, des syndicalistes et des gilets jaunes, ont défilé avec énergie. "Etat d'urgence climatique", "Nique pas ta mer", "No nature, no future", disaient leurs banderoles.

"Des gaz à effet de serre, du plastique dans les mers, de cette société-là, on n'en veut pas !", "De Rugy t'es foutu, la jeunesse est dans la rue", scandait la foule, huant aussi copieusement des panneaux électoraux installés pour les européennes de dimanche.

Plusieurs adolescents ont défilé en caleçon avec des feuilles de vigne. "The Chaud must not go on", "Garder la Terre avant de viser la Lune", pouvait-on lire sur les pancartes. Un préavis de grève avait été déposé par une large intersyndicale à l'université de Montpellier. A Tours, environ un millier de lycéens ont aussi manifesté, avec leurs panneaux "Quelle cuisson pour la planète?". A Lille, 850 protestataires ont participé à un "die in", pour certains équipés de pierres tombales en carton disant par exemple: "Daphné, 2003-2019, tuée par Monsanto-Bayer", "Marika, 1994-2019, morte d'un cancer dû aux particules fines".

Ailleurs, ils étaient environ 500 à Rennes, entre 750 et 1.500 à Dijon, 650 à Angers selon la police (3.600 le 15 mars), 500 à Clermont-Ferrand, entre 300 à 400 à Bordeaux, idem à Toulouse.

Avec AFP.