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Destruction des invendus d'Amazon : la pétition citoyenne qui cumule 116 000 signatures

En un mois, la pétition d'Alexandre Briolais cumule plus de 116 000 signatures.
©Specer Platt/GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP

Amazon France détruit massivement ses produits neufs qui n'ont pas trouvé d'acheteur : face à ce constat, Alexandre Briolais a décidé de lancer une pétition pour faire cesser ce gâchis. Un mois après sa diffusion, elle cumule 116 000 signatures. Entretien.

"Stop à la destruction massive des invendus”, peut-on lire en titre de la pétition mise en ligne par Alexandre Briolais à l'encontre d'Amazon. Cet intérimaire de 27 ans et “citoyen lambda” ne s’attendait pas à recueillir quelques 116 000 signatures.

Après la diffusion des images de l'émission Capital, la pétition explose et la liste des signataires fait une ascension fulgurante. Le 13 janvier dernier, les équipes d'M6, infiltrées dans un entrepôt d'Amazon France, filment en caméra discrète : on y voit des milliers de produits neufs jetés à la poubelle, en route vers la destruction. Le géant américain de la vente en ligne essuie un nouveau scandale. 

Selon les estimations de la CGT, Amazon aurait détruit 3,2 millions de produits neufs invendus en 2018 (Le Monde). Face à ces chiffres mirobolants, la pétition d'Alexandre Briolais demande une réaction immédiate : elle est notamment adressée à Brune Poirson (secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique), Jeff Bezos (CEO d'Amazon) et au Parlement Européen. ID s'est entretenu avec lui. 

Alexandre Briolais, à l'origine de la pétition contre Amazon

Pourquoi avez-vous lancé cette pétition ?  

Cela fait maintenant plusieurs années que je m'intéresse à ces sujets mais je ne suis pas un militant. Je m'y intéresse parce que c'est alarmant tout simplement. Je connaissais déjà Amazon puisque ce n'est pas leur premier scandale en Europe sur la destruction des invendus. Mais lorsque j'ai vu les premiers extraits de l'émission Capital avant sa diffusion, ça été la goutte d'eau : je signais des pétitions de temps en temps mais là je me suis décidé à lancer la mienne, sans savoir l'ampleur que ça prendrait. 

Vous attendiez-vous à recueillir autant de signatures ? 

Non. C'est parti sur un coup de tête, en me disant "bon, je vais faire ça et on verra où ça va". Au début, je pensais avoir 100 ou 200 signatures mais pas 116 000. Le dimanche suivant la diffusion du reportage de Capital, ça a explosé : 50 000 personnes ont signé dans la journée. Depuis, tous les jours il y a 1000, 1200 nouveaux signataires et pas que des Français, mais aussi des Allemands, des Anglais, des Italiens, même des Américains ! On se rend bien compte que le problème d'Amazon est mondial. 

Que souhaitez-vous à présent ? 

Amazon est responsable, certes, mais le gouvernement aussi. Il faut agir ! Il faut une réaction décisive et rapide de leur part. Brune Poirson a déclaré sur le plateau d'M6 qu'une loi émergerait. Si rien ne se passe, moi je continuerai la pétition. S'il faut aller manifester, j'irai et si je dois aller débattre sur les plateaux télé face aux ministres, je le ferai avec grand plaisir. Cela fait des mois que l'on entend parler de tout ça dans toute l'Union Européenne et rien ne se passe : il est temps d'agir.