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Supermarché anti-gaspi NOUS : huit mois plus tard, est-ce-que ça marche ?

©Nous anti-gaspi

En 2018, le premier supermarché entièrement dédié à la lutte contre le gaspillage alimentaire "NOUS" ouvrait ses portes en Bretagne, près de Rennes. Presqu'un an plus tard, alors qu'une seconde épicerie "NOUS" a ouvert ses portes à Saint-Malo, ID fait le point.

En mai 2018, le premier supermarché 100 % anti-gaspillage "NOUS" ouvrait ses portes à Melesse, près de Rennes en Bretagne. En novembre 2018, un deuxième magasin faisait son apparition à Saint-Jouan-des-Guérets, près de Saint-Malo. Le concept ? Des supermarchés, engagés dans la lutte contre le gaspillage alimentaire, qui ne vendent essentiellement que des produits exclus des circuits conventionnels. Concrètement, ils achètent à leurs fournisseurs les produits qui ne peuvent pas être vendus dans une enseigne traditionnelle à cause de quelques défauts : un concombre un peu tordu, un emballage abîmé, une date de consommation trop courte, etc. Des produits qui sont généralement jetés et donc gaspillés. Les épiceries "NOUS" les rachètent 30 % moins cher que le prix auxquels ils auraient été vendus, ce qui permet aux clients de faire des économies : "Nous estimons en moyenne que sur un panier de course, nos clients peuvent effectuer 30 % d’économies par rapport à des produits comparables dans les enseignes conventionnelles", explique Chloé, collaboratrice au sein de la marque.

Faire ses courses dans ces supermarchés permettrait ainsi à une famille de quatre personnes d'économiser environ 250 euros par mois. "Notre objectif, c'est de sensibiliser les consommateurs à la lutte contre le gaspillage alimentaire, de les inviter à se questionner sur ces enjeux et ce qui se fait actuellement", poursuit Chloé. Chaque épicerie évite le gaspillage d'environ 30 à 40 tonnes de produits par mois et permet de redistribuer 50 000 repas par mois.

Outre leur lutte contre le gaspillage alimentaire, les supermarchés "NOUS" tentent également d’adopter des pratiques plus durables : les caisses, meubles ou présentoirs sont fabriqués en matériaux recyclés (carton, bois de palette retravaillés, etc.). "Nous voulons également avoir un impact social", explique Chloé, "Notre objectif est de proposer une équipe à taille humaine, un contact avec les clients, et que ces derniers puissent venir peu importe leurs contraintes budgétaires".

© NOUS anti-gaspi

Un concept qui séduit les consommateurs

Depuis leur mise en service, les deux épiceries ont attiré de nombreux de clients, à la fois séduits par des prix bas mais également par l'engagement anti-gaspillage : "Nous nous sommes rendu compte que les premiers clients n'avaient pas totalement saisi le concept du magasin. Mais nous avons eu de plus en plus de clients habitués, qui viennent régulièrement non seulement pour faire des économies mais également parce qu'ils soutiennent la lutte contre le gaspillage", explique Chloé. En moyenne, 250 clients se rendent chaque jour dans chacun des deux magasins et sont fidèles : "Les clients sont satisfaits, nous recevons de plus en plus d'engagement de leur part", poursuit Chloé. "Au niveau de notre base, nous sommes en croissance. Grâce au bouche-à-oreille et à la fidélisation, notre communauté de clients s'agrandit. Nous sommes vraiment sur un bilan positif".

Des résultats encourageants qui permettent à l'équipe d'envisager de s'étendre davantage en région mais également sur le reste du territoire : "Notre objectif serait d’ouvrir, d’ici 2021, une vingtaine d’épiceries. Nous continuerons de nous développer en Bretagne, et nous voulons ensuite nous développer dans d’autres régions comme les Pays de la Loire, l’Aquitaine, etc.".