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Salon du Made in France : quand des industriels se prennent à espérer

Le salon du Made in France s'est ouvert ce vendredi 8 novembre au Parc des expositions de Paris pour son édition 2019.
©Twitter/@BertrandMallard

Le "made in France" est à la mode, mais est-ce plus qu'un voeu pieux de la part des consommateurs ? Pour les industriels présents au salon MIF-Expo, qui a ouvert vendredi Porte de Versailles, il est permis d'espérer, à condition d'avoir des stratégies innovantes.

Le poids de l'industrie française a chuté depuis les années 1980 : l'industrie manufacturière ne représentait plus que 10 % du PIB du pays en 2017, contre plus du double en Allemagne. Un tressaillement se fait toutefois sentir, affirment des entrepreneurs qui produisent sur le territoire. "Si, il y a dix ans, le sujet était réservé aux partis extrêmes, maintenant il est trans-partisan, la prise de conscience est de plus en plus importante", juge Thomas Huriez, le fondateur de la marque de jeans 1083. Cela permet à sa société, née en 2013 grâce à un financement participatif, d'afficher aujourd'hui 70 créations d'emplois directs. "On sent que cela prend de la place dans le choix du consommateur, et tout va partir de là, même s'il faut un peu de temps avant qu'il n'y ait un impact plus macroéconomique", estime de son côté Alexandre Mirlicourtois, économiste au cabinet Xerfi.

S'il est trop tôt pour clamer la renaissance de l'industrie française, quelques signaux sont positifs. Ainsi, l'industrie, qui avait perdu un million d'emplois depuis 2000, a renoué avec les créations d'emplois en 2017 et 2018, une progression qui se poursuit en 2019, quoiqu'à un rythme ralenti. Sur les dix premiers mois de l'année, "nous avons un solde net positif de 9307 emplois", estime la société de veille économique Trendeo.

"L'industrie recrute, on a une explosion de l'apprentissage (...) c'est autant de raisons de penser qu'on est capable de reconstruire les choses, à condition d'être organisés et de le faire collectivement", a plaidé la secrétaire d'Etat à l'Economie Agnès Pannier-Runacher, lors de l'ouverture vendredi du salon du Made in France.

La foule se pressait dans les travées des stands de vêtements ou d'appareils de cuisson. 80 000 visiteurs sont attendus d'ici à lundi, cinq fois plus que lors de la première édition en 2012.

La clé : l'innovation

Les industriels s'accordent toutefois sur la nécessité de développer des stratégies pour se différencier. "Nos premiers jeans étaient moins Made in France qu'aujourd'hui. C'est une démarche d'amélioration continue, il faut changer la manière de penser", explique Thomas Huriez, qui espère sourcer son coton recyclé de France en 2020.

Pour le groupe Muller, qui fabrique des équipements thermiques intelligents, l'innovation est clef. Sur ses 1000 salariés, plus de 120 travaillent en recherche et développement, détaille Pascal Teurquetil, son PDG. "Si l'on est sur des métiers qui peuvent embarquer des technologies, qui peuvent nous différencier de produits basiques fabriqués à bas coûts, il est encore possible de fabriquer en France", assure-t-il.

Même son de cloche chez Simon Barbeau, PDG du groupe Brandt : "On n'est pas en capacité de proposer aux clients des produits au plus bas prix. Mais pour ceux qui cherchent une expérience de la gastronomie française, on leur propose l'offre la plus pertinente." Selon lui, la fabrication française a divers avantages, dont l'accès à une main-d'oeuvre qualifiée et une forte réactivité. La présence sur le territoire "permet de s'adapter aux évolutions de marché, car on les capte tout de suite. Cela permet d'ajuster les programmes de production quasiment à la semaine", détaille-t-il.

Pour Alexandre Mirlicourtois, la production locale pourrait en outre profiter de "la hausse des coûts de transport". Sans oublier, grâce à l'automatisation, un coût du travail en baisse, note-t-il.

Pour accentuer le mouvement, les industriels militent pour un soutien des pouvoirs publics, qui pourrait passer par une plus grande transparence des labels signalant la fabrication française. "Il faut donner les outils aux consommateurs pour faire les bons choix", estime Simon Barbeau. Son groupe Brandt a obtenu la certification Origine France Garantie, qui assure que 50 % a minima du prix de revient d'un produit est français.

"On milite pour un crédit impôt production", plaide de son côté Pascal Teurquetil. "Il y a la possibilité pour beaucoup de secteurs industriels de repartir, avec ce bémol : on a perdu beaucoup de savoir-faire. On peut les recréer, mais il faut une politique industrielle derrière", juge M. Mirlicourtois.

Avec AFP.

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