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Le doggy bag ou « Gourmet bag », une solution au gaspillage au restaurant ?

La signalétique "Gourmet bag" permet de reconnaître les restaurateurs engagés dans la démarche.
©CheickSaidou/Min.Agri.Fr

Véritable fléau mondial, le gaspillage alimentaire est partout ! En premier lieu chez nous, mais aussi au restaurant. Pour sensibiliser à ce problème, le gouvernement encourage la pratique du Gourmet Bag. Le doggy bag à la française, une solution au gaspillage alimentaire au restaurant ?

Un tiers de la production alimentaire mondiale est gaspillée chaque année. Imaginez : 41,2 tonnes de nourriture jetées chaque seconde dans le monde... C'est l'équivalent de 76 296 repas ! Pour enrayer ce fléau, l'Etat et les acteurs de la filière agro-alimentaire se sont engagés à réduire de 50 % la production de déchets alimentaires à l'horizon 2025. Dans les restaurants, où 1,6 millions de tonnes de denrées finissent chaque année à la poubelle, la profession qui a signé ce pacte anti-gaspillage s'organise : tri des biodéchets au delà de 180 couverts, dons aux associations, pesée des portions, cartes plus courtes, menus modulables... La chasse aux déchets est lancée. 

T'as de beaux restes, tu sais !

Quid des restes de nos assiettes qui représentent en moyenne 275 grammes par repas, dont 125 grammes parfaitement comestibles ? Le gouvernement recommande aux restaurateurs l’utilisation du Gourmet bag. Nous connaissons déjà le doggy bag, cette pratique anglo-saxonne qui consiste à ramener les restes de son assiette au restaurant, chez soi, dans une boîte en carton. Pour lui redonner ses lettres de noblesse au pays de la gastronomie, le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation a inventé le Gourmet bag. L'objectif ? Sensibiliser au gaspillage dans les restaurants et démocratiser la pratique... Et autant dire qu'il y a du travail, parce que si aux Etats-Unis ou en Asie, le doggy bag arrive souvent à table avec l'addition, sans même que vous l'ayez demandé, en France c'est une autre histoire... 

84 % des Français prêts à utiliser le doggy bag 

Car si 84 % des Français se disent prêts à l'utiliser, dans les faits, seulement 35 % en ont déjà demandé un. Le concept se heurte à de nombreux freins, principalement culturels, chez nous, les froggies. La pratique met mal à l'aise : « Ca ne se fait pas », « j'ai honte de le demander », « je ne veux pas passer pour un(e) radin(e) », sont les principaux arguments des clients hésitants ou réfractaires, selon une étude nationale. « Pourtant, le client a payé son repas et si les restes sont en quantité suffisantes, il a le droit de les emporter », explique Elizabeth Manzon de la DRAAF Rhônes-Alpes, à l'origine de la démarche. « Le Gourmet Bag n'est pas la seule solution mais une des solutions au gaspillage alimentaire en restauration commerciale. L'objectif est d'inciter les clients à oser le demander quand ils ne parviennent pas à finir leur assiette et qu'on ne leur propose pas ».

Pour promouvoir le Gourmet bag, une vidéo drôle et percutante circule sur les réseaux sociaux. © Le cri du moustique/Kaméléon Prod

Le Gourmet bag, « un réflexe anti-gaspi » 

Résultat, deux ans après son lancement à Lyon, Mâcon, Toulouse, Montauban, dans le Cantal, en Lozère, au Luberon, le Gourmet Bag séduit de plus en plus de territoires. Et côté restaurateurs, il sont de plus en plus nombreux à le proposer, notamment dans le Doubs, qui grâce aux efforts de nombreux partenaires (DRAAF, Preval, Sybert, UMIH et offices de tourisme), compte aujourd'hui 100 des 830 restaurateurs engagés dans sa promotion. A la Table de Gustave, à Ornans : « il ne se passe pas une semaine sans qu'on nous en demande un. Ici, ça ne choque plus personne de remettre le bouchon sur une bouteille de vin pour l'emporter », explique le restaurateur pour qui le Gourmet Bag est devenu un « réflexe anti-gaspi ». Pour Bernard Champreux, président régional de l'UMIH, principal syndicat de la profession, « Il est clair que la véritable solution au gaspillage alimentaire se situe en amont : achat de matières premières au plus juste, travail en circuit court, utilisation de produits frais, recettes anti-gaspi, menus modulables, pesée des portions... Le but, c'est avant tout qu'il ne reste rien dans l'assiette, mais quand ce n'est pas le cas, le Gourmet bag est une solution de plus. » Un service qu'il propose lui-même « systématiquement », au Mastroquet, son restaurant situé à Gray, « aux clients qui n'ont pas terminé leur assiette ».

Il ne se passe pas une semaine sans qu'on me demande un Gourmet bag." Restaurateur, la Table de Gustave.

« Plus on en parlera, plus la pratique se développera »

Reste qu'en France, les restaurateurs qui proposent actuellement ce service sont encore trop peu nombreux. Pour Bernard Champreux, « c'est principalement pour des questions sanitaires ». « Pourtant la loi est claire, la responsabilité du restaurateur s'arrête au moment où le Gourmet bag est remis au consommateur », répond Elizabeth Manzon, pour qui, « plus on en parlera, plus la pratique se développera ». Dans ce sens, un kit de communication (logo, stickers, chevalet de table...) à destination des restaurateurs intéressés par la démarche est disponible sur www.gourmetbag.fr

Convaincu par l'utilité de ce geste anti-gaspi ? Voici la carte interactive des restaurateurs engagés et ailleurs, n'hésitez plus, osez demandez un Gourmet bag, quand vous n'arrivez pas à finir votre assiette !

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