Après Montréal en 2022 et Cali en 2024, les négociations internationales sur la biodiversité se poursuivent cette année en Arménie. Du 19 au 30 octobre, Erevan accueillera la 17e Conférence des Parties (COP17) à la Convention sur la diversité biologique (CDB), le traité international adopté lors du Sommet de la Terre de Rio en 1992.
Celui-ci poursuit trois grands objectifs : préserver la diversité biologique, assurer l’utilisation durable de ses composantes et garantir un partage juste et équitable des avantages tirés des ressources génétiques.
Cette COP17 constituera surtout le premier grand examen collectif des progrès réalisés depuis l’adoption, en 2022, du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal.
Un premier bilan des engagements pris à Montréal
Les 196 Parties à la Convention sont conviées à Erevan. Parmi elles figurent les États membres de l’Union européenne ainsi que l’Union européenne elle-même. Les États-Unis, qui ont signé mais jamais ratifié la Convention, n’en sont en revanche pas partie.
Adopté lors de la COP15 à Montréal, le cadre de Kunming-Montréal comprend 23 objectifs à atteindre d’ici 2030. L’un des plus emblématiques prévoit notamment de protéger ou conserver au moins 30 % des terres et des océans de la planète.
Les pays se sont également engagés à mobiliser au moins 200 milliards de dollars par an en faveur de la biodiversité d’ici 2030. Sur cette somme, les flux financiers internationaux à destination des pays en développement doivent atteindre au moins 30 milliards de dollars par an à cet horizon.
Des progrès encore insuffisants
À quelques semaines de la conférence, le constat dressé par la Convention sur la diversité biologique reste préoccupant. À l’issue de réunions préparatoires organisées à Nairobi cet été, celle-ci reconnaissait que le monde "n’est pas sur la bonne voie" pour atteindre les objectifs fixés.
"Il est vrai que des progrès sont réalisés sur l’ensemble des cibles. Mais la mise en œuvre ne se fait pas encore au rythme et à l’échelle nécessaires", soulignait en août Astrid Schomaker, secrétaire exécutive de la CDB.
Les avancées sont notamment jugées trop lentes sur plusieurs leviers indispensables à la mise en œuvre de l’accord de Montréal : la mobilisation des financements, la réduction des subventions néfastes à la biodiversité ou encore la participation des peuples autochtones et des communautés locales aux décisions.
Face à ces retards, Astrid Schomaker estime que les négociations d’Erevan devront mobiliser "toute l’endurance et la détermination" des Parties.
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Le Fonds Cali parmi les sujets sensibles
Les discussions devraient également être nourries autour du Fonds Cali. Décidé lors de la COP16 en Colombie puis officiellement lancé en février 2025, ce mécanisme vise à mieux partager les bénéfices issus de l’utilisation commerciale des informations de séquençage numérique sur les ressources génétiques, ou DSI.
Ces données génétiques issues de la nature sont notamment utilisées dans les secteurs pharmaceutique, cosmétique, agricole ou biotechnologique. Les grandes entreprises qui en tirent des revenus sont appelées à contribuer au fonds, dont au moins 50 % des ressources doivent bénéficier aux peuples autochtones et aux communautés locales.
Le dispositif reste toutefois au cœur de discussions entre les Parties sur les modalités de sa mise en œuvre et, plus largement, sur les moyens financiers nécessaires pour atteindre les objectifs de 2030. La CDB faisait ainsi état cet été de "divergences" entre pays sur la manière d’accélérer l’action.
Au-delà du financement, la COP17 devra donc mesurer l’écart entre les engagements adoptés à Montréal et leur traduction concrète. Avec moins de quatre ans avant l’échéance de 2030, l’enjeu sera désormais d’accélérer leur mise en œuvre.