Adoption de la loi d'urgence agricole à l'Assemblée nationale.
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Politique

Adoption de la loi d'urgence agricole à l'Assemblée: Genevard "très satisfaite"

La ministre de l'Agriculture Annie Genevard s'est dite "très satisfaite", mardi sur France Inter, de l'adoption de la loi d'urgence agricole à l'Assemblée nationale, texte controversé qui doit notamment permettre de réintroduire de manière dérogatoire certains pesticides.

"Hier soir, les députés ont fait oeuvre utile pour l'agriculture française", s'est réjouie la ministre, alors qu'il ne manque au texte qu'un vote conforme du Sénat, attendu mardi en fin de journée, pour être définitivement adopté au Parlement.

Cette loi "née des manifestations (d'agriculteurs, ndlr) en début d'année" et "travaillée avec les agriculteurs", permet de "mieux les protéger contre la concurrence déloyale", se félicite Annie Genevard.

Une mesure du texte a cristallisé les débats: la possibilité donnée à l'Anses de réintroduire à titre dérogatoire et sous condition deux pesticides interdits en France mais autorisés dans l'Union européenne.

Les deux molécules concernées, l'acétamipride et le flupyradifurone, pourraient ainsi être utilisées pour une poignée de filières en difficulté.

Un an après la forte mobilisation citoyenne contre la loi Duplomb, qui prévoyait le retour de l'acétamipride avant une censure du Conseil constitutionnel, des députés du camp gouvernemental ont suggéré lundi à l'exécutif de le faire retirer par amendement, ce que le gouvernement a refusé, entraînant des tensions avec son propre camp.

Une mesure qui divise 

La mesure divise au gouvernement, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut étant personnellement opposée à la réintroduction de l'acétamipride.

En cas d'adoption définitive du texte avec réintroduction dérogatoire des deux pesticides, le scénario de sa démission est sur la table, selon son entourage.

"L'acétamipride n'a pas été rétabli dans ce texte", juge Annie Genevard: "Il appartiendra à l'Anses, à condition qu'il n'y ait pas d'incidence sur la santé humaine, sur l'environnement, qu'il y ait une situation d'urgence, qu'il n'y ait pas d'alternative (...) de décider d'une dérogation pour un temps limité, pour une seule filière, pour un parcellaire agricole très mesuré", a défendu la ministre.

Concernant l'éventuel départ de sa collègue à la Transition écologique, la ministre de l'Agriculture a simplement signifié n'avoir "aucune confirmation de cette rumeur ou de cette hypothèse", rappelant avoir "travaillé" avec Monique Barbut "pour élaborer la version initiale du texte".

Avec AFP