Encore marginal, le marché des véhicules électriques d'occasion a décollé en France en 2025, à 177.886 unités (+30% sur 2024), même s'il faut du temps pour revendre ces véhicules qui ne représentent encore que 3% du marché de l'occasion, indique le baromètre publié jeudi par Mobilians et l'Avere-France.
En 2026, le marché de l'occasion pour les électriques devrait être proche des 250.000 véhicules, soit une hausse de 40%, a estimé devant la presse Clément Molizon, porte-parole de l'Avere, association pour le développement de la mobilité électrique en France.
Ce marché s'est accéléré au 4e trimestre, avec 54.083 transactions (+30% sur un an).
Les achats d'occasion ont représenté l'an dernier plus de la moitié (54%) des achats de véhicules électriques neufs en 2025, qui s'élevaient à 327.000. Quelques modèles phare figurent en tête des reventes : la Renault Zoe, la Peugeot e-208, la Fiat 500 et la Tesla Model 3.
Mais ce secteur pèse encore peu par rapport aux 5,4 millions de véhicules d'occasion de tout type revendus par an.
Dans l'électrique, plus de 80% des reventes sont réalisées par des professionnels, pour un tiers en location avec option d'achat ("leasing") auprès de particuliers.
Seules 7.163 transactions entre particuliers ont été enregistrées au quatrième trimestre, soit onze fois moins que les échanges de voitures thermiques. Les véhicules échangés entre particuliers affichent un âge moyen de 4,5 ans, contre 10,3 ans pour les voitures thermiques d'occasion.
Les reventes de véhicules électriques prenaient en moyenne 161 jours au quatrième trimestre, contre 139 jours pour les thermiques.
L'accélération technologique peut être un handicap : les acheteurs privilégient les modèles plus récents, aux batteries plus performantes. La recharge rapide constitue également un facteur clé.
"Il y a des évolutions technologiques importantes tous les deux ans, donc le risque qu'un véhicule d'occasion électrique paraisse obsolète", explique l'Avere.
"L'un des problème du marché est l'inquiétude des acheteurs quant à la durée de vie des batteries, regrette Clément Molizon, pour qui, contrairement aux idées reçues, "les batteries des véhicules électriques peuvent durer une quinzaine d'années, voire une vingtaine avec des réparations, puis être utilisées en seconde vie encore 5 à 10 ans pour stocker des énergies renouvelables, avant d'être recyclées".
Le prix des véhicules électriques d'occasion reste élevé : 32.261 euros en moyenne pour les modèles de moins de trois ans, soit un niveau inférieur de 16% au prix moyen du neuf hors bonus-malus, un écart proche de celui constaté pour les véhicules thermiques. Certains modèles se revendent même à un prix égal ou supérieur à celui du neuf, comme la Citroën e-C3 ou la Renault 5, en raison d'une forte demande et d'un nombre encore limité de véhicules disponibles en occasion.
"Dans 10 ou 15 ans, la valeur de revente des véhicules électriques pourront être supérieures à celle des véhicules thermiques, parce que le véhicule a encore toute sa valeur. En revanche aujourd'hui, à partir de 3 ans, le prix passe en dessous", a conclu M. Molizon.
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