La première visite d'État en France du sultan d'Oman Haitham ben Tarik, dont le pays est riverain du détroit d'Ormuz, s'est traduite par une série de contrats pour des groupes français, marquant la volonté des deux pays de renforcer leur coopération au sortir de la guerre dans la région.
Le président français Emmanuel Macron devait plaider à cette occasion pour la réouverture "libre et sans condition" de ce passage maritime stratégique, a indiqué l'Élysée vendredi en amont de cette visite. Les échanges devaient "réaffirmer l'importance du soutien à la désescalade régionale" et aborder "la sécurisation des voies maritimes".
Le géant français de l'électricité EDF a notamment signé un contrat de 3 milliards de dollars pour une station de transfert d'énergie par pompage à Oman, a annoncé l'Élysée, revoyant ainsi à la baisse le chiffre de 4 milliards qui avait d'abord été donné.
Ce contrat porte sur le développement et l'exploitation de la première station de transfert d'énergie par pompage au niveau du barrage de Wadi Daysat (90 kilomètres au sud de Mascate) qui doit permettre de stocker jusqu'à 2GW d'énergie.
EDF Power Solutions a signé deux autres contrats, notamment d'un montant de 250 millions de dollars pour le développement d'une centrale photovoltaïque de 500 MW à Al Kamil, à 180km au sud-est de Mascate.
Le second concerne le projet phare omanais "The Island" "alliant énergie renouvelable et infrastructure numérique". Porté par EDF pour le volet énergie, "il vise à faire d'Oman un hub régional en IA, cloud et calcul avancé" avec des centres de données alimentés par les énergies renouvelables.
Autre géant français à signer un accord d'importance, dans les services à l'environnement cette fois: le groupe Suez a remporté un des plus gros contrats de son histoire, dans la gestion de l'eau, confirmant ainsi son retour à l'international.
Il porte sur un montant de deux milliards d'euros sur 15 ans dans le sultanat.
- Corridors logistiques -
Ce contrat, qui couvre la gestion et la maintenance des services d'eau potable et d'assainissement de la capitale Mascate et des gouvernorats de Sharqiyah Nord et Sharqiyah Sud, figure "dans le top 3 de l'histoire de Suez", a déclaré le directeur général du groupe, Xavier Girre, lors d'un entretien à l'AFP.
L'armateur CMA-CGM a de son côté signé un mémorandum d'accord avec l'Oman Investment Authority pour 400 millions de dollars, qui vise à l'impliquer dans la structuration de nouveaux corridors logistiques omanais et la gestion d'un nouveau terminal du port de Sohar, au-delà du détroit d'Ormuz.
Dans l'aérien, un protocole d'accord sur la coopération en matière de gestion du trafic aérien a été signé, et un autre pour la fourniture et l'intégration de deux radars pour l'aviation civile entre Ankaa, un partenaire du groupe d'électronique et de défense Thales, et l'autorité de l'aviation civile omanaise (CAA). Le montant revenant à Thales est de 8 millions de dollars.
Dans l'IA, Terminal 11, la plateforme d'innovation du sultanat, et Station F, le campus parisien de start-up, se sont accordés sur un programme d'accélérateur de start-up omanaises afin "de tisser des liens entre les écosystèmes d'innovation français et omanais".
Cette visite "confirme la relation renforcée entre la France et le sultanat d'Oman dans de nombreux domaines, notamment économique, scientifique, culturel ou encore industriel", avait également fait valoir la présidence vendredi.
Sur le plan culturel, les deux parties se sont engagées "à renforcer leur coopération muséale", et notamment à inaugurer le musée franco-omanais de Mascate, dont les travaux de rénovation sont en cours de finition, et à concevoir ensemble les futures expositions de ce musée.
Les deux capitales se sont enfin engagées à renforcer la place du français dans le système scolaire public omanais.
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