L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a conspué jeudi la "logique" du "bouc émissaire" employée selon lui par le gouvernement au sujet des violences du 17 octobre, reprochant à l'exécutif de paver le chemin de l'Élysée à Marine Le Pen en amalgamant La France insoumise et "l'ultragauche".
"C'est très facile, dans une gestion de crise opportuniste où on voudrait en cinq minutes régler le problème", d'employer la "logique du bouc émissaire", a déploré sur BFMTV Dominique de Villepin, candidat putatif à l'Élysée, alors que l'exécutif pointe du doigt la responsabilité de La France insoumise dans les pillages et les saccages qui ont eu lieu le 17 octobre en marge de la mobilisation sociale.
"Cette logique du bouc émissaire va enflammer le pays et mettre le feu à la République", s'est-il alarmé.
"Il y a eu des manquements, il y a des fautes qui ont été commises, il y a des responsabilités qui doivent être fixées" quant aux événements du 17 octobre, a insisté l'ancien fidèle de Jacques Chirac, aux responsabilités lors des émeutes de 2005.
"Emmanuel Macron tombe dans le piège, comme Sébastien Lecornu", s'est exclamé l'ancien locataire de Matignon, pour qui "en pointant du doigt vers Jean-Luc Mélenchon, ils nourrissent le parti de l'ordre de Marine Le Pen".
"On voudrait que Marine Le Pen arrive au deuxième tour avec 60 % des voix, et même 70 %, et pourquoi pas 80 % comme Jacques Chirac, on ne ferait pas mieux", a martelé Dominique de Villepin, déplorant que le gouvernement fasse selon lui l'amalgame entre l'ultragauche et La France insoumise.
"Mais enfin, de quelle culture politique sont-ils nourris ? Est-ce qu'ils savent ce que c'est que l'ultragauche ? En France, l'ultragauche déteste La France insoumise. Ce sont deux traditions qui sont littéralement opposées. (...) Nous savons bien que pour l'ultragauche, La France insoumise, c'est des mollassons", a indiqué celui qui continue de nourrir des ambitions présidentielles.
Mais Dominique de Villepin a également pointé la "faute" de LFI et de Jean-Luc Mélenchon.
Car, selon lui, l'ultragauche crée "effectivement" le "désordre dans notre pays" et "crée un contexte que Jean-Luc Mélenchon croit pouvoir exploiter à son avantage".
"Quand il y a le feu dans la rue, on ne contribue pas à mettre le feu dans les esprits", a tancé l'ancien Premier ministre en visant le candidat de la gauche radicale.