La direction de l'information de France Télévisions a reconnu mardi qu'un long reportage diffusé dimanche presque sans commentaire sur les violences de samedi à Paris manquait de "contextualisation", après des reproches de téléspectateurs et des critiques en interne.
"Nous aurions dû être plus précis dans le montage, la contextualisation et le commentaire pour qu'il n'y ait pas de confusion" entre ces scènes de violence d'une part et la manifestation contre la vie chère de l'autre, a jugé le directeur de l'information du groupe public, Philippe Corbé, dans un billet mis en ligne sur le site franceinfo.fr.
Ce billet est signé par le médiateur de France Télévisions, Pascal Doucet-Bon. Ce dernier souligne que ce "long reportage presque sans commentaire au coeur des violences", diffusé dans le journal de 20h00 de France 2 dimanche, a suscité "des courriels désapprobateurs" et "des interrogations en interne".
"A l'heure où les réseaux sociaux diffusent souvent des images sans suffisamment de contexte, le JT doit-il faire de même?", s'est interrogé le médiateur, en écho à ces critiques.
Dans une interview à Télérama, le président de la Société des journalistes (SDJ) de France Télévisions, Valéry Lerouge, a jugé que cette séquence, qualifiée d'"ovni", avait été un "dérapage, total et non contrôlé".
"On est tous unanimement heurtés par cette séquence" de douze minutes, a-t-il poursuivi, en assurant que cette analyse était partagée par "à peu près tous" les membres de la rédaction, "rédacteurs, chefs de service et même certains rédacteurs en chef".
"Comme nous le faisons régulièrement dans l'offre d'information après 20h40, nous avons proposé un reportage long format avec une écriture différente, produit par les magazines ; nous aurions dû mieux le distinguer du +20 Heures+", a pour sa part argumenté M. Corbé dans le billet du médiateur de France Télévisions.
"Nous aurions dû être plus clairs, en contextualisant davantage", a-t-il jugé. Le présentateur "Laurent Delahousse a bien précisé que c'était un document en immersion, mais nous aurions dû être plus lisibles dans le bandeau (qui accompagne le sujet) et donner davantage d'informations contextuelles dans le montage et le commentaire", a poursuivi le dirigeant.
Au-delà de ce seul reportage, ce billet est plus largement consacré aux interrogations sur le poids accordé à la couverture des violences des 17 et 18 octobre par rapport à celle des manifestations elles-mêmes.