Les représentants du vignoble bordelais, qui traverse une crise durable, ont exhorté mercredi gouvernement et parlementaires à adopter "au plus vite" le budget 2026 afin de mettre en oeuvre les mesures d'aide prévues pour la filière.
"Face à la gravité de la situation économique (...), les cosignataires lancent un appel solennel au gouvernement et aux parlementaires à agir au plus vite", écrivent dans un communiqué le Collectif Viti 33, la Fédération des négociants de Bordeaux et Libourne, la Fédération des grands vins, la Chambre d'agriculture, le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux, ainsi que les syndicats Confédération paysanne, Coordination rurale, FNSEA et Jeunes Agriculteurs.
Le vote du budget 2026 permettrait une "mise en oeuvre rapide et efficace des mesures d'aide", ajoutent les auteurs de cet "Appel de Bordeaux".
Le gouvernement avait annoncé, fin novembre, une enveloppe de 130 millions d'euros pour financer un nouveau plan d'arrachage de vignes sur 2026 et 2027, alors que des milliers de viticulteurs sont confrontés aux effets du dérèglement climatique, qui affectent la récolte depuis plusieurs années, et à la baisse continue de la consommation de vin, notamment pour les rouges.
Les signataires réclament aussi le "vote des évolutions nécessaires dans la loi Egalim" et la "signature du décret rendant possible les Organisations de producteurs (OP) en viticulture".
Une nouvelle loi Egalim, censée garantir aux agriculteurs des prix rémunérateurs, est enlisée depuis plus d'un an et le projet d'une OP bordelaise, pour peser davantage dans les négociations commerciales, tarde à se concrétiser.
Les représentants du monde viticole appellent enfin à revenir sur les restrictions d'usage du cuivre dans le traitement des vignes et à doter la filière d'un "fonds suffisant pour une distillation capable d'assainir les marchés saturés".
Le gouvernement a appelé les députés à faire un "dernier effort" pour trouver un compromis autour du budget de l'État, de retour cette semaine à l'Assemblée nationale, où une majorité semble toujours inatteignable.