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Usine Bosch de Rodez: les syndicats alertent l'Etat sur un potentiel "désastre économique"

L'intersyndicale de l'usine Bosch de Rodez a mis l'Etat en garde mardi face au "désastre économique" que représenterait la fermeture du site spécialisé dans les moteurs diesel, où entre 300 à 800 emplois sont menacés à court terme, selon elle.

Les syndicats (SUD, CGT, CFE/CGC, CFDT), reçus mardi à Paris par des conseillers du gouvernement, ont exprimé leur "inquiétude" quant à l'avenir du site d'Onet-le-Château (Aveyron), premier employeur privé du département avec 1.600 salariés, selon eux.

L'équipementier allemand doit moderniser ses deux lignes de production pour pouvoir fabriquer des injecteurs diesel nouvelle génération, la technologie actuelle devant "disparaître à l'horizon 2020/2021", explique Julien Rul (SUD). 700 personnes travaillent sur ces deux lignes, précise-t-il.

Or, "le projet actuel de la direction - qui n'est pas acté - serait de modifier une ligne sur deux", avec pour conséquence un sureffectif de "350 à 450" salariés. Sans aucun investissement, "700 à 800" personnes se retrouveraient "sur la paille", selon lui, et "la pérennité du site (serait) en jeu".

Ce scénario noir "condamnerait" en effet l'usine en raison des coûts fixes trop élevés, a abondé Pascal Raffanel (CFE-CGC), évoquant un "désastre économique" car le site représente "8.500 à 10.000 emplois indirects sur un bassin de vie de 80.000 habitants". L'équivalent de "la fermeture d'Airbus pour la région toulousaine ou la disparition de Peugeot sur la région de Sochaux".

La direction de Bosch se déplacera le 26 janvier à Onet-le-Château pour y faire "des annonces", selon les syndicats.

"Si les investissements ne sont pas décidés là, ce sera trop tard", a affirmé Yannick Anglares (CGT). A l'inverse, une modernisation de l'appareil de production offrirait "un délai de 4 à 5 ans pour envisager une mutation industrielle du site".

En attendant, l'État doit intervenir auprès des constructeurs automobiles français pour qu'ils fassent "un peu de patriotisme industriel" en passant des commandes, a-t-il ajouté.

"L'État et les contribuables sont venus à la rescousse" de Renault et PSA quand ils étaient en grandes difficultés, à eux de renvoyer l'ascenseur "maintenant qu'ils se portent mieux", a appuyé M. Rul.

L'avenir du diesel s'est assombri après le scandale des moteurs diesel truqués de Volkswagen. Son impact sur la santé est également régulièrement mis en avant.

En visite à l'usine Bosch de Rodez, durant l'été 2016, Emmanuel Macron alors ministre de l'Économie et de l'Industrie avait dit ne pas vouloir "faire la chasse au diesel", relevant que son avenir "pass(ait) par l'innovation".

jta/shu/it

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