La directrice générale adjointe de Santé publique France (SpF) Aude de Vivies va prendre la direction par intérim de l'agence sanitaire, au moment où des syndicats et des agents s'inquiètent de retards dans des campagnes de prévention à cause selon eux d'une "reprise en main" de sa communication par Matignon.
Cette nomination qui prend effet à compter du 1er juillet a fait l'objet d'un arrêté de la ministre de la Santé Stéphanie Rist en date du 15 juin, publié ce dimanche au Journal officiel.
Mme de Vivies remplace ainsi provisoirement la directrice générale actuelle Caroline Semaille dont le mandat s'achève dans un certain "flou", selon une source syndicale à l'AFP, les personnels n'ayant "même pas été avertis en interne de cette nomination".
Interrogé par l'AFP sur le processus de recrutement du ou de la futur(e) DG de l'agence nationale de santé publique, le ministère n'a pas répondu dans l'immédiat.
Depuis janvier, certains s'inquiètent, au sein de l'agence et au-delà, du retard pris dans la diffusion de campagnes de prévention relatives à la canicule, au tabac et aux paris sportifs.
Fin mai, le collectif "Santé publique en danger", composé d'agents de SpF et d'une intersyndicale, a ainsi notamment dénoncé l'absence de déploiement d'une campagne sur l'adaptation à la chaleur prête à être diffusée en amont des premières fortes chaleurs, pointant une "ingérence des services du Premier ministre qui empêche SpF de réaliser ses missions".
Désormais Matignon valide chaque campagne de prévention de santé publique avant sa diffusion, en vertu d'une réforme décidée en début d'année, justifiée par une recherche "d'efficacité" accrue, selon le gouvernement.
De son côté la Société française de santé publique a souligné que la réponse au réchauffement climatique appelle "une volonté politique forte et la mobilisation de toutes et tous".
Cette nomination par intérim survient deux jours avant une manifestation prévue mardi, à laquelle appelle le collectif "Agences en lutte!" qui rassemble les représentants CGT de SpF et de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) mais aussi d'autres agences publiques comme l'Ademe, l'OFB, l'IGN pour protester contre des projets de réforme qui "les fragilisent".
"Depuis janvier 2025, les attaques - budgétaires, législatives, symboliques - s'intensifient dangereusement contre les agences environnementales et sanitaires françaises, et plus largement les opérateurs de l'État et les instituts publics de référence", a pointé ce collectif.