"Un toast à l'eau" pour dénoncer la loi d'urgence agricole à Paris

Des centaines de personnes se sont rassemblées lundi à Paris à l'initiative d'une vingtaine d'organisations pour "porter un toast à l'eau", une action symbolique visant à dénoncer les conséquences de la loi d'urgence agricole sur l'eau, la santé publique et "l'avenir de l'agriculture".

Sur l'esplanade des Invalides, des personnes masquées, en blouse blanche, ont distribué des verres d'eau à partir de bidons floqués "eau potable" mais couverts d'autocollants typiques des emballages de pesticides indiquant un danger, tandis que d'autres utilisaient des pulvérisateurs de produits phytosanitaires pour brumiser les manifestants avec de l'eau.

Le rassemblement a été organisé par une vingtaine d'organisations, parmi lesquelles la Confédération paysanne, troisième syndicat agricole, Générations Futures, Cancer Colère, Greenpeace France ou encore Pollinis.

"Une partie de nos parlementaires ne comprennent pas l'enjeu historique, ne comprennent pas ce qui se passe, dans les campagnes (...) alors que nos productions sont en train de cramer, on nous sort une loi qui est complètement à contresens de l'histoire et des réponses qu'on doit apporter aux paysans et paysannes", a déclaré Stéphane Galais, porte-parole de la Confédération paysanne.

Lundi soir, l'Assemblée doit voter le texte de compromis sur le projet de loi d'urgence agricole trouvé jeudi entre députés et sénateurs en commission mixte paritaire.

Ce texte controversé contient notamment des mesures pour augmenter le stockage de l'eau mais aussi la possibilité pour l'agence sanitaire Anses de réintroduire à titre dérogatoire deux pesticides - nocifs pour les pollinisateurs et interdits en France mais autorisés dans l'Union européenne -, l'acétamipride et le flupyradifurone, pour une poignée de filières en difficulté.

Les députés devront aussi voter deux amendements déposés lundi par le gouvernement pour donner plus de temps à l'Anses pour rendre un avis sur une éventuelle réintroduction et pour supprimer un article sur le stockage de l'eau contraire à la Constitution, selon l'entourage du Premier ministre.

"Je suis en colère par rapport à ce qui s'est passé au Sénat, à la CMP, parce qu'ils n'ont servi que les intérêts de l'agro-industrie", a ajouté Stéphane Galais.

"Quand j'entends (les porte-parole de la Confédération paysanne, ndlr) parler du monde paysan, j'ai l'impression d'entendre des malades qui parlent de leur maladie. Avec la loi d'urgence agricole, on va savoir si la majorité des députés du centre, des droites et l'extrême droite nous mettent en danger", a déclaré Fleur Breteau, fondatrice du collectif "Cancer Colère".