Un nouveau baromètre veut faire la transparence sur le thé vendu en France

Qu'y a-t-il dans notre tasse de thé ? Les planteurs sont-ils décemment payés? L'environnement est-il respecté? Un premier baromètre publié mercredi par Commerce Equitable France veut contribuer à éclairer sur les conditions de production d'une partie du thé vendu en France.

"Le thé est une filière globalement assez opaque, y mettre de la transparence et de la traçabilité n'est pas une mince affaire", explique Julie Stoll, déléguée générale de Commerce équitable France, collectif des acteurs du commerce équitable dans l'Hexagone (marques, labels, ONG...).

Sur 13 millions de producteurs de thé dans le monde, une large majorité vit sous le seuil de pauvreté, tandis que le changement climatique leur impose une coûteuse adaptation.

L'enquête "Teste ton thé" (https://testetonthe.my.canva.site/) s'est penchée sur les engagements sociaux et environnementaux en matière d'approvisionnement de 14 marques, représentant plus de 70% du marché français, des géants Twinings, Lipton ou Tetley, jusqu'à des marques à positionnement premium.

Objectif, analyser la transparence et la crédibilité de leurs engagements publics d'achats responsables: sont-ils représentatifs de leur activité? Quelles preuves de leur concrétisation?

Pour cela, documents publics et rapports annuels ont été croisés avec des questionnaires aux entreprises (sept ont répondu), entretiens bilatéraux (six), rapports d'ONG ou la base de données Open Food Facts sur les ingrédients des produits...

Du côté des multinationales (60% du marché français), beaucoup de documents sont disponibles, "qui montrent qu'elles ont pris la mesure de la question", mais les preuves manquent, les initiatives sont "ponctuelles" et en volume, "les engagements limités", note l'analyse.

Pour ce qui est des thés fins, ce segment assez important en France (plus de 15% du marché) offre un paysage contrasté, avec de bons élèves qui ont investi dans la traçabilité et le respect de l'environnement.

Mais tous ne suivent pas le mouvement, ou ne livrent aucune information solide, traduisant "l'impossibilité d'attester de dispositifs concrets", relève le baromètre. En outre "la montée en gamme ne va pas forcément avec une amélioration des revenus" des producteurs, souligne Julie Stoll.

Sans surprise, les pionniers du bio et du commerce équitable sont mieux notés. L'analyse s'intéresse aussi à deux marques de bubble tea et constate un manque de "certifications et des engagements embryonnaires".

Sollicité par l'AFP, le Syndicat du thé et des plantes à infusion (Stepi) n'a pas réagi dans l'immédiat.

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