Un concert du chanteur franco-israélien Amir annulé à Marseille après des appels au boycott

Un concert gratuit prévu dimanche à Marseille rassemblant plusieurs artistes dont le chanteur franco-israélien Amir, cible d'appel au boycott de militants propalestiniens, a été annulé pour "raisons de sécurité" par les organisateurs, quelques jours après l'interruption d'un concert de la DJ Barbara Butch.

Ce concert devait avoir lieu dans un grand centre commercial du centre-ville, dans le cadre d'une série de spectacles gratuits tout au long de l'été. Des appels au boycott ont circulé sur les réseaux sociaux, comme lors de plusieurs spectacles récents du chanteur.

"Pour des raisons de sécurité, la session du Sunset Live prévue ce dimanche 26 juillet aux Terrasses du Port est annulée. Cette décision vise à garantir la sécurité des artistes, du public, de nos équipes et de l'ensemble des personnes présentes sur le site. Nous regrettons cette annulation", écrit la direction du centre dans un post Facebook.

Le collectif Union Palestine Marseille, qui avait appelé au boycott "dans une démarche exclusivement pacifique", s'est félicité de ce qu'il a qualifié de "victoire de la mobilisation populaire".

Mais l'annulation a aussi provoqué de nombreuses réactions indignées.

Amir "chante la concorde, la paix et l'union des peuples (...) il n'y a rien qui justifie qu'on appelle au boycott", a dénoncé auprès de l'AFP Antoine Gouiffes-Yan, directeur général de son label, Parlophone, estimant qu'il est ciblé "uniquement pour sa judéité".

Selon lui, "il y a eu une crainte des autorités sur l'incapacité de pouvoir sécuriser correctement le lieu" de ce concert gratuit, où Amir devait interpréter trois titres.

Amir "en est désolé", a-t-il poursuivi, mais il "ne cède pas à ces pressions". "Il continuera à faire toute la journée des festivals et tous les concerts qui sont prévus" ailleurs, a assuré M. Gouiffes-Yan.

Le Crif Marseille Provence a lui "exprimé sa profonde inquiétude" estimant que "sous prétexte de liberté d'expression et de boycott prétendument pacifique ces organisations imposent progressivement leur loi à la vie culturelle".

Le Crif national avait déjà dénoncé lundi une "chasse aux artistes juifs ou engagés contre l'antisémitisme" après l'interruption à Grenoble d'un concert de la DJ Barbara Butch par des militants propalestiniens, en appelant au ministère de la Culture.

"Face aux nouveaux gardes rouges, ne cédons rien. Amir doit chanter à Marseille," s'est indignée de son côté la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra).