Treize milliards d'euros ont été levés lors de la troisième phase de l'initiative Tibi, mécanisme de financement des entreprises technologiques grâce à l'épargne gérée par des investisseurs privés comme les assureurs ou les mutuelles, a annoncé Bercy vendredi.
"Avec cette nouvelle enveloppe, près de 31 milliards d'euros auront été mobilisés depuis 2020" dans le cadre de cette initiative, a souligné le ministère dans un communiqué. Cette annonce a eu lieu en plein salon VivaTech à Paris, rendez-vous annuel du secteur de la tech.
Au 31 mars, près de 16 milliards d'euros avaient été investis. L'objectif de la troisième phase est d'atteindre 15 milliards d'euros levés d'ici à la fin de l'année.
Cette initiative a été nommée d'après l'économiste qui a porté le projet au ministère de l'Economie, Philippe Tibi. Elle vise à augmenter la capacité de financement des entreprises technologiques françaises et européennes, en mobilisant l'épargne des investisseurs institutionnels, particulièrement des assureurs (assurance-vie, plans d'épargne-retraite...).
Ces structures n'investissent pas directement dans ces entreprises technologiques mais le font par l'intermédiaire de fonds spécialisés.
La troisième phase de ce mécanisme sera axée sur "l'innovation de rupture", selon Bercy: "50% des investissements seront fléchés vers nos entreprises de la deeptech (quantique, intelligence artificielle, biotech, space tech)".
Elle réunit "une quarantaine d'investisseurs partenaires et accueille de nouveaux acteurs de premier plan", poursuit Bercy, en citant notamment le groupe mutualiste Carac, la SNCF, la RATP ou Eutelsat.
Cela témoigne "de notre capacité collective à orienter massivement l'épargne vers l'innovation et les technologies de rupture, au service de notre souveraineté économique et industrielle", a fait valoir le ministre de l'Economie, Roland Lescure, cité dans le communiqué.
Présente depuis des mois, la question de la dépendance technologique européenne aux Etats-Unis est devenue brûlante lorsque l'administration américaine a enjoint la semaine dernière à l'entreprise d'IA Anthropic de bloquer l'accès de ses modèles les plus puissants aux ressortissants étrangers.
La troisième phase de l'initiative Tibi s'accompagne "d'une ambition européenne renforcée" pour favoriser "l'émergence de fonds paneuropéens de taille mondiale", selon Bercy.
A VivaTech, le directeur général de BNP Paribas Allemagne, Lutz Diederichs, a déploré auprès de l'AFP que des centaines de milliards d'euros dorment sur des comptes courants ou d'épargne en Allemagne, sans être investis en actions, obligations ou projets d'avenir.
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