Le laboratoire suisse Stallergenes Greer, un des leaders en France des traitements de désensibilisation aux allergies, annonce lundi un investissement de 125 millions d'euros d'ici 2030 sur son site majeur de production à Antony, en région parisienne.
Cet investissement, annoncé dans le cadre du sommet Choose France organisé lundi par le président Emmanuel Macron, doit permettre "un doublement", selon la direction, de la capacité industrielle de ce site où étaient attendus lundi le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou et la porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l'Energie Maud Bregeon.
"Cet investissement marque une étape importante dans le renforcement durable de l'empreinte stratégique du groupe en France", a déclaré, dans un communiqué, le PDG de Stallergenes Greer, Andreas Amrein, évoquant sa "confiance dans l'excellence scientifique et industrielle française".
Stallergenes Greer propose des traitements de désensibilisation, destinés à soigner les allergies sévères dues aux acariens, graminées, arbres (bouleau, noisetier, aulne ...), chats, moisissures ou encore venins de guêpes et d'abeilles.
En France, ces traitements sont remboursés à 30% par l'Assurance maladie.
Le rôle de la désensibilisation (ou immunothérapie allergénique) consiste à rééduquer le système immunitaire: la prise initiale est faiblement dosée avant d'être progressivement augmentée pour lui faire comprendre qu'il doit développer peu à peu une tolérance qui réduit les symptômes lors de l'exposition aux allergènes.
En France, le groupe se focalise sur les 36 allergènes les plus prévalents sur le territoire pour composer des solutions liquides sur mesure. En fonction de la prescription médicale, seuls les allergènes correspondant au profil du patient sont sélectionnés pour élaborer un traitement personnalisé. Les flacons sont ensuite conditionnés, étiquetés au nom du patient et expédiés à son domicile.
Stallergenes Greer emploie 610 collaborateurs en France, près de la moitié de ses effectifs mondiaux, dont près de 400 dédiés aux activités industrielles. Le groupe prévoit cette année une hausse de 12% des effectifs dans l'Hexagone, "majoritairement dans l'industriel" pour soutenir le développement de l'activité.
L'investissement annoncé lundi doit permettre "le déploiement de nouvelles technologies industrielles, la modernisation des lignes de production, l'amélioration de la performance énergétique du site et le développement de compétences industrielles de haute spécialisation".
Depuis cinq ans, la filiale française a enregistré "une croissance de plus de 10% par an", a souligné devant la presse son président Dominique Pezziardi, qui anticipe "au moins" cette trajectoire pour la suite.
En 2024, le chiffre d'affaires a atteint 230 millions d'euros en France, pays comptant environ 18 millions de personnes allergiques.