Des "mesures" sont à l'étude notamment par les pays du G7 concernant les terres rares dont la Chine est le premier fournisseur mondial, a indiqué mardi le ministre français de l'Économie Roland Lescure, au lendemain d'une réunion à Washington.
Cette réunion de travail sur les minéraux critiques, organisée à l'initiative du secrétaire américain au Trésor Scott Bessent, a réuni lundi à Washington les pays du G7 (France, États-Unis, Canada, Japon, Royaume-Uni, Italie, Allemagne) ainsi que le Mexique, l'Inde, la Corée du Sud et l'Australie.
"On a évoqué un certain nombre de mesures qu'on pourrait travailler", a déclaré Roland Lescure à des journalistes, précisant que le sujet figurerait à l'agenda de la présidence du G7 assurée en 2026 par la France.
Une des options discutées est celle d'un prix plancher pour certaines terres rares, a précisé Bercy.
"L'objectif n'était en aucun cas d'avoir une démarche agressive ou offensive vis-à-vis de la Chine, mais de reconnaître que face à un constat de puissance très forte, les grands consommateurs de terres rares, mais aussi les producteurs potentiels - le Canada, l'Australie et autres - doivent s'y adapter", a indiqué Roland Lescure.
Le ministre a par ailleurs indiqué avoir eu "une discussion extrêmement franche et sincère" lors d'une rencontre bilatérale avec Scott Bessent, "comme on doit le faire entre des amis de 250 ans".
La discussion a porté sur la coordination G7-G20 en matière de déséquilibres mondiaux et la régulation numérique, un sujet de "friction" avec les États-Unis.
"J'ai rappelé évidemment au secrétaire américain que notre souveraineté européenne, comme la souveraine américaine d'ailleurs, n'était pas à négocier", a-t-il déclaré.
Roland Lescure lui a également rappelé, ainsi qu'au patron de la Réserve fédérale (Fed) Jérôme Powell, que "nous [étions] extrêmement attachés à l'indépendance des banques centrales en général, évidemment de la banque centrale américaine en particulier, qui est un des garants de la stabilité monétaire internationale".
M. Powell avait annoncé dimanche soir dans une inhabituelle déclaration vidéo que le ministère de la Justice avait lancé une enquête pouvant conduire à des poursuites pénales à son encontre. Il estime que la procédure, "sans précédent", est fondée sur un "prétexte", parce que son institution n'a pas conduit sa politique monétaire dans le sens voulu par le président Trump.