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Loi contre les « fake news », vraiment démocratique ?

Emmanuel Macron lors de ses vœux à la presse, mercredi 3 janvier 2018.
©Ludovic MARIN/AFP

La loi sur les « fake news » devrait être présentée avant la fin de l'année, selon le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux. Mais la mesure divise.

Au micro de BFMTV et RMC, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a annoncé ce jeudi 4 janvier que le projet de loi contre les « fake news », serait présenté « probablement avant la fin de l'année ».

Ce texte, évoqué hier par Emmanuel Macron à l'occasion de ses vœux à la presse, vise, selon ses propos, à lutter contre la propagation de fausses informations en « période électorale ». En permettant notamment de « saisir le juge dans une action en référé, de supprimer le contenu, de déréférencer le site, de fermer le compte utilisateur concerné, voire de bloquer l'accès au site Internet ». Ce matin, Benjamin Griveaux a renchéri en pointant particulièrement les « médias de propagande » , dont certains « détenus par les gouvernements étrangers ».

Une mesure vivement décriée par plusieurs responsables politiques de l'opposition, dont la présidente du Front national Marine Le Pen, qui a jugé la proposition « inquiétante », ou le député de la France Insoumise, Alexis Corbière, s'interrogeant notamment sur une possible « volonté de museler ». La porte-parole des Républicains, Lydia Guirous, a elle estimé sur Twitter que cette proposition était « dangereuse pour la liberté de la presse ». 

Pour 20minutes, Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), a de son côté admis une « question délicate ». « L’enjeu principal, pour nous, c’est comment promouvoir le journalisme sans porter atteinte à la liberté d’expression », a-t-il déclaré.

Le Chef de l'Etat, pour sa part, a évoqué lors de l'annonce la protection de « la vie démocratique » contre ces « fausses nouvelles ». Une formule reprise dans la foulée par le maire de Bordeaux Alain Juppé, pour qui « combattre les « fake news », c'est protéger la démocratie ».

Selon vous, une loi contre les « fake news » représente-t-elle un risque pour la liberté d’expression?

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