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France: des annonceurs s'engagent contre les stéréotypes sexistes dans la publicité

Les pratiques publicitaires en voie d'être moins sexistes?
©stoatphoto/Shutterstock

Une trentaine d'entreprises se sont engagées à lutter contre les stéréotypes, en particulier sexistes, dans la publicité, a annoncé mardi l'Union des annonceurs (UDA).

L'UDA a lancé le programme "FAIRe", une série de 15 engagements pour promouvoir "une communication responsable" avec pour priorité en 2018 "la lutte contre la récurrence des stéréotypes dans la publicité", selon un communiqué.

Dans le texte, l'UDA a établi un lien entre son engagement et la lutte contre les violences faites aux femmes érigée en "grande cause du quinquennat" par le président Emmanuel Macron fin novembre, sur fond de libération de la parole de victimes.

Une mise en garde du CSA

En octobre, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) avait mis en lumière la persistance des clichés sexistes dans les publicités à la télévision en France. Les spots pour des marques d'automobiles, en particulier, continuent le plus souvent à ne montrer que des hommes au volant avec des femmes souvent cantonnées aux rôles faire-valoir, soulignait-il dans son étude.

Le CSA pointait aussi que les femmes étaient globalement sous-représentées dans les spots (46% des personnes représentées) et que les rôles d'experts étaient occupés de façon disproportionnée par les hommes (82%).

Un programme qui engage

Dans le cadre du programme FAIRe, les annonceurs s'engagent cette année "à analyser leurs communications afin d'identifier d'éventuelles récurrences de stéréotypes, qu'ils soient ou non dénigrants, et à tenir compte de ces résultats pour la réalisation de leurs futures campagnes".

En 2019, l'UDA établira un bilan à mi-parcours du programme FAIRe et mettra en avant les bonnes pratiques sur ce sujet.

L'organisation souligne auprès de ses adhérents qu'une démarche responsable est aussi rentable puisque les consommateurs sont de plus en plus sensibles à l'éthique des messages véhiculés par les marques.

Saint-Laurent mis en cause

En France, le régulateur de la publicité, l'ARPP, a sommé en mars la maison de haute couture Saint Laurent de retirer des affiches jugées "dégradantes" pour les femmes.

Au-delà de la lutte contre les clichés, les annonceurs s'engagent aussi à utiliser de "meilleurs formats" publicitaires, c'est-à-dire à lutter contre les publicités intrusives sur les médias numériques et à promouvoir le sous-titrage des campagnes de publicité télévisées pour les sourds et malentendants.

Les 28 annonceurs signataires des engagements sont Bel, BNP Paribas, Citeo, Citroën, Coca-Cola, Danone, DS, EDF, Ferrero, Galeries Lafayette, Lesieur, L'Oréal, Mars, Michelin, Nespresso, Nestlé, Opel, Orange, Orangina, Pernod Ricard, Peugeot, PMU, Procter & Gamble, Renault, SNCF, Société Générale, Unilever et Yves Rocher.

Avec AFP.