Suspension administrative pour 4 services d'un hôpital pédo-psychiatrique en Ile-de-France

L'Agence régionale de santé d'Ile-de-France a suspendu en urgence l'activité de quatre services de l'hôpital pédo-psychiatrique public Fondation Vallée dans le Val-de-Marne pour ses pratiques d'enfermement d'enfants, a-t-elle annoncé jeudi dans un communiqué.

"Cette décision fait suite à plusieurs signalements concordants de pratiques non conformes d'enfermement de patients mineurs, et s'appuie sur l'inspection diligentée en novembre dernier", a déclaré l'ARS dans un communiqué.

Les services suspendus sont les quatre services faisant de l'hospitalisation complète, qui comptent actuellement "moins d'une vingtaine de patients". Les services d'hospitalisation de jour et ambulatoires "ne sont pas concernés par cette décision et continuent d'accueillir des patients", a indiqué l'ARS.

"Les constatations conduisant à cette décision (...) décrivent un recours à l'isolement et à la contention et des durées d'hospitalisation injustifiées au regard de l'état de santé des patients, de leurs besoins et du consensus professionnel actuel", a indiqué l'ARS.

La Fondation Vallée figure parmi les plus grosses structures pédopsychiatriques de la région.

Ancien établissement de référence en pédopsychiatrie, sa réputation s'est progressivement étiolée, sur fond notamment de conflit entre tenants de la psychanalyse, historiquement très présents dans la psychiatrie française comme à la Fondation Vallée, et partisans des techniques dites comportementales et développementales, basées sur des processus plus normés.

Les services suspendus sont l'unité "Bourneville" pour les adolescents de 12 à 17 ans, "Dolto" pour les 4-12 ans, "Winnicott" (6-12 ans), et l'Unité d'évaluation de traitement et d'évaluation des adolescents (UETA), cette dernière étant "sans activité de fait car en cours de reconversion". Françoise Dolto et Donald Winnicott étaient tous les deux pédiatres et psychanalystes, et Désiré Magloire Bourneville un médecin aliéniste de la fin du XIXe siècle, qui a cherché à développer les soins pour les enfants.

La semaine dernière, la Haute autorité de santé a clairement indiqué que l'approche psychanalytique était "non recommandée" dans la prise en charge de l'autisme, car elle ne dispose "que d'un niveau de preuve insuffisant".