Sur la Côte d'Azur, un musée met à l'honneur les artistes femmes

Un musée visant à mettre en valeur les oeuvres d'artistes femmes de la fin du XIXe siècle à nos jours, initiative d'un collectionneur d'art britannique, a ouvert ses portes vendredi à Mougins, dans l'arrière-pays cannois cher à Pablo Picasso.

Installé dans ce village médiéval, le Famm (Femmes artistes du musée de Mougins) présente une petite centaine d'oeuvres issues de la collection de Christian Levett, un ancien trader d'abord venu à l'art par les antiquités et l'archéologie.

Mais ce musée ne se veut pas militant comme le National Museum of Women in the Arts (Musée national des femmes dans l'art) à Washington et du Frauenmuseum (Musée des femmes) de Bonn (Allemagne), créés tous deux en 1981.

"Il y a une dizaine d'années, j'ai décidé de passer à l'art moderne (...) et je me suis rendu compte que les oeuvres des femmes étaient beaucoup moins chères que celles des hommes", raconte M. Levett.

"J'ai donc créé une collection d'oeuvres d'art formidables, par quelques-uns des plus grands artistes des 160 dernières années, qui se trouvent être des femmes parce que leurs prix étaient à ma portée", ajoute-t-il.

En 2021, il a refait toute la décoration de son palais à Florence avec ces oeuvres de femmes, essentiellement de l'expressionnisme abstrait des années 1950, et en a proposé la visite à des groupes privés. Le succès a été tel qu'il a décidé de vider le musée de Mougins où il faisait dialoguer depuis 2011 antiquités et art moderne, pour y installer sa nouvelle collection.

Mougins est un village chéri des artistes et compte de nombreuses galeries. Fernand Léger ou Coco Chanel y ont séjourné, Picasso y est souvent venu avant de s'y installer à la fin de sa vie (1961-1973).

Accueilli par une "Hérodiade" au regard intense peinte par Juana Romani vers 1890 et par un mur de photos en noir et blanc des artistes exposées, le visiteur du Famm peut parcourir quatre étages dédiés à l'impressionnisme, à l'expressionnisme abstrait de l'après-guerre, à l'art figuratif et à l'art contemporain.

Parmi la collection, un corset orthopédique de Frida Kahlo (vers 1950) arborant la faucille et le marteau un enfant à naître, ou une puissante impression de Marina Abramovic, "Carrying the Sketelon" (Portant le squelette, 2008).

Sur le mur d'à côté, Delphine Diallo pose, maquillée et parée en déesse indienne. Pour cette artiste française installée à New York, le dialogue entre les oeuvres du Famm "confirme une énorme conversation du collectif de la femme mondiale qui se passe aujourd'hui, qui est beaucoup plus intense que ce qu'on a jamais vécu auparavant".

Poster un commentaire
Vous devez être connecté pour poster un commentaire.
Déjà membre ? Je me connecte.
Je ne suis pas encore membre, Je crée mon compte.