Stockage des déchets nucléaires: des écologistes contestent la nomination d'un élu RN

Une association de lutte contre le projet Cigéo d'enfouissement de déchets nucléaires à Bure (Meuse) et l'élue écologiste Dominique Voynet ont contesté la nomination du député RN de la circonscription Maxime Amblard comme rapporteur d'un avis sur le sujet, ce dernier se défendant de tout conflit d'intérêt.

La Coordination Stop Cigéo/Bure s'est dite "outrée" par la nomination comme rapporteur de l'avis sur le sujet de l'Office parlementaire des choix scientifiques et technologiques (OPECST), instance parlementaire dont le rôle est d'éclairer les députés et sénateurs sur les conséquences des choix de politique publique à caractère scientifique et technologique.

Elle a évoqué un "conflit d'intérêt".

La députée du Doubs et ancienne ministre écologiste Dominique Voynet, notoirement anti-nucléaire, a confirmé lundi à l'AFP avoir saisi le déontologue de l'Assemblée nationale, inquiète de "l'absence d'objectivité" de M. Amblard. Une information auparavant rapportée par Mediapart.

Etant élu localement, M. Amblard est, aux yeux de son homologue écologiste, "exposé à la pression d'acteurs locaux" et "travaille dans une entreprise du secteur nucléaire", Framatome. La parlementaire lui reproche surtout d'être "grossièrement et fanatiquement pro-nucléaire".

M. Amblard, député de la circonscription depuis 2024, a indiqué vendredi à l'AFP n'avoir "à ce stade reçu aucune notification officielle d'une quelconque saisine".

Sur le fond, il a jugé "logique" d'être "particulièrement attentif" à un site implanté dans sa circonscription et rappelé que son contrat de travail chez l'équipementier nucléaire Framatome étaitt suspendu en raison de son mandat. Il indique que l'entreprise en question "n'intervient pas dans le projet Cigéo".

"Enfin, ce rapport de l'OPECST reposera sur des auditions et des éléments techniques (que je maîtrise d'autant mieux que j'ai une formation d'ingénieur en physique nucléaire) dans le cadre d'un rapport co-réalisé avec un sénateur", a dit le parlementaire.

Lancé en 1991, le projet Cigéo, contesté par des écologistes et des associations locales, doit accueillir à 500 mètres sous terre dans l'Est de la France les déchets de centrales nucléaires les plus radioactifs.

Au total, 83.000 mètres cubes, dont la moitié ont déjà été produits, sont destinés à être stockés dans des alvéoles devant accueillir les déchets.

Début décembre, l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) a jugé la sûreté du projet "satisfaisante" en l'état, après 30 mois de travaux d'expertise et d'instruction.