Une quinzaine de fédérations de sport de salle et d'intérieur, comme le judo, la boxe, le basket, ou encore le patinage ou la gymnatisque ont poussé jeudi "un cri d'alarme" face à la crise à laquelle le sport amateur fait face.
"Nous sommes inquiets pour la survie de nos fédérations", a lancé Eric Tanguy, président de la fédération de volley-ball, aux côtés d'une douzaine de présidents de fédérations lors d'une conférence de presse dans les locaux du Comité national sportif et olympique français (CNOSF) au stade Charléty à Paris.
Tous interpellent le gouvernement pour être aidés davantage.
Le président du CNOSF, Denis Masseglia, qui passera la main fin juin, s'est lui aussi ému: "si on peut espérer que les Jeux de Tokyo fasse apparaitre la lumière au bout du tunnel, pour les sports en salle français il y a un tunnel et il n'y a pas de lumière".
Philippe Bana, président de la fédération française de hand-ball, a de son côté l'impression d'un "déséquilibre" de traitement du sport amateur "face à des intérêts qu'on qualifierait de plus importants".
"Il n'y a pas la conscience que les clubs vont mal, que le lien social va éclater", a-t-il ajouté, avec des "millions de licenciés et des dizaines de milliers de clubs en souffrance" évoquant "une cocote minute".
Il a aussi fait état de phénomène de "bascule" vers des sports en plein air, comme le football, qui eux peuvent pratiquer.
"Certains sports n'ont pas connu de compétition depuis quasiment un an", a renchérit Jean-Pierre Siutat, patron de la fédération de basket. En intérieur, seul le sport professionnel peut continuer. M.Siutat a déploré, à part le chômage partiel, "zéro soutien de l'Etat".
Chiffres à l'appui, tous les représentants des fédérations, ont fait fait part de la baisse du nombre de licenciés (entre -15 et -55%), et des pertes financières (entre -18 et -40%).
Les sports de combats (judo, boxe etc) sont particulièrement touchés. Et tous ont fait état de leurs craintes que les bénévoles ne reviennent pas, et des demandes de remboursement des licences.
Mi-novembre, le président de la République Emmanuel Macron avait annoncé la mise en place d'un "pass sport" pour aider les familles à payer les licences, attendu pour juin et la rentrée 2021.