"Soleil, UV et cancer": engouement à Ajaccio pour un dépistage gratuit du mélanome

A Ajaccio, ville corse particulièrement ensoleillée qui manque de dermatologues, un dépistage gratuit du mélanome organisé par la Ligue contre le cancer a suscité vendredi l'engouement, avec plusieurs heures d'attente pour les 150 chanceux examinés.

Dans la galerie commerciale des Salines, un quartier populaire de la ville, une trentaine de personnes patientaient vendredi matin, avec à la main, pour beaucoup d'entre elles, un petit guide de la Ligue contre le cancer baptisé "Soleil, UV et Cancer".

"Chaque année, entre 141.200 et 243.500 cas de cancers de la peau sont diagnostiqués en France", rappelle le document, ajoutant qu'"aujourd'hui, une personne sur 100 risque d'en développer un au cours de la vie" et que "80% des mélanomes, la forme la plus agressive de cancers de la peau, sont liés à des expositions excessives au soleil, pendant l'enfance et l'adolescence".

En Corse-du-Sud, le département au plus grand nombre d'heures d'ensoleillement de France métropolitaine en 2025 selon Météo-France, le dépistage a fait beaucoup d'émules.

"C'est difficile de voir un dermatologue. Beaucoup ne prennent plus de nouveaux patients et s'ils en prennent, il y a six mois d'attente", confie à l'AFP Margot, 17 ans, qui patiente depuis 1H30 pour pouvoir montrer ses grains de beauté au docteur Jean-Raymond Rachou, un dermatologue à la retraite qui effectue ce dépistage bénévolement.

Pour Marie-Louise Caron, 69 ans, la précédente session de dépistage, il y a un mois, a été déterminante: "J'étais venue pour montrer un grain de beauté et finalement j'avais un bouton qu'il fallait faire enlever par un chirurgien", explique-t-elle à l'AFP.

"J'avais attendu 3 heures et j'étais sur le point d'abandonner mais heureusement je suis restée", souligne-t-elle, expliquant être revenue vendredi à 8h - une heure avant le début du dépistage - pour être sûre de pouvoir revoir le docteur Rachou.

"J'ai vu le chirurgien hier matin, il m'a dit que ça allait mais si je n'étais pas venue, ça aurait pu tourner très très mauvais", précise-t-elle.

En Corse-du-Sud, "cinq à six journées (de dépistage, ndlr) par an" sont organisées, avec entre "100 et 180 personnes examinées à chaque fois", précise Serena Lanfranchi, chargée de communication pour la Ligue contre le cancer dans le département.

La France a perdu un millier de dermatologues en une décennie, sur fond de non-remplacement des retraités, et n'en compte aujourd'hui que 2.900, un chiffre insuffisant, souligne la société française de dermatologie.