Sidérurgistes et recycleurs signent un pacte "acier vert" pour développer l'acier bas carbone

Les sidérurgistes et les entreprises du recyclage ont conclu un accord "pour développer l'acier recyclé", espérant ainsi "renforcer la souveraineté industrielle et créer les conditions d'une réindustrialisation bas carbone", selon un communiqué conjoint diffusé jeudi.

Cet accord formalise une "coopération renforcée entre les entreprises du recyclage et les producteurs d'acier" pour "accélérer le développement d'un acier français bas carbone", expliquent la Fédération professionnelle des recycleurs Federrec et l'alliance française des sidérurgistes A3M, signataires de ce "Pacte acier vert".

L'acier recyclé, produit dans des fours à arc électrique à partir d'acier usagé, permet d'utiliser moins de matières premières telles que le fer et le charbon, et donc d'émettre moins de CO2.

Un enjeu crucial alors que la sidérurgie française représente un quart des émissions industrielles de CO2 du pays.

Le développement de cette filière permettrait également de répondre à un enjeu de souveraineté industrielle, alors que "la France dispose d'un gisement national de ferrailles et d'un mix électrique peu carboné", soulignent Federrec et l'A3M.

"Sécuriser l'approvisionnement des aciéries électriques françaises permet de conserver sur le territoire la matière, la valeur ajoutée et les emplois associés", ajoute-t-on de même source.

Le pacte vise "à créer les conditions permettant de mieux capter la matière disponible, d'améliorer sa qualité et de développer la demande domestique".

"Tandis qu'aux États-Unis, près de 70% de l'acier est produit à partir d'acier recyclé, l'Europe se situe autour de 45% et la France à 37%", indique-t-on de même source.

L'objectif est de créer les conditions techniques, économiques et réglementaires permettant d'augmenter la demande domestique, d'améliorer la qualité des matières recyclées et de sécuriser les investissements.

L'acier produit à partir de fours électriques représente "une émission de 0,3 à 0,6 tonne de CO? par tonne d'acier, contre 2,3 tonnes pour un haut-fourneau traditionnel", soulignent Federrec et l'A3M.

La décarbonation de l'acier constitue également un enjeu pour le maintien des usines en France et en Europe, compte tenu des objectifs de réduction des émissions fixés par Bruxelles.

ArcelorMittal a confirmé en février la construction à Dunkerque (Nord) de son plus gros four électrique d'Europe, plus de deux ans après la présentation d'un projet de décarbonation qui en comptait deux.

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