Un collectif militant a contesté vendredi à Grenoble la consommation d'eau des usines iséroises des fabricants de semi-conducteurs STMicroelectronics et Soitec, alors que des restrictions sont en cours dans le département en raison de la sécheresse.
Une vingtaine de membres du collectif STopmicro, qui s'oppose de longue date à des projets d'extension des usines de ces deux groupes à Crolles et Bernin, près de Grenoble, se sont rassemblés devant un bâtiment de la Dréal (Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement) et en ont symboliquement coupé l'accès à l'eau en fermant une vanne souterraine, a constaté une journaliste de l'AFP.
"À l'heure actuelle, aujourd'hui, chaque seconde qui passe, ST consomme 160 litres d'eau potable, la même eau que les Grenoblois boivent, pour rincer ces plaquettes de silicium qui servent à fabriquer des puces électroniques. On trouve que c'est tout à fait anormal dans cette période de crise environnementale généralisée", s'est indigné leur porte-parole qui s'est présenté, le visage masqué, sous le nom de Tom.
De leur côté, les particuliers, agriculteurs et entreprises du territoire se voient demander "de faire des efforts pour consommer moins d'eau", une grande partie de l'Isère étant placée par la préfecture en niveau d'alerte ou alerte renforcée pour cause de sécheresse, a-t-il rappelé.
"Sous prétexte de dématérialisation et de transition énergétique, on consomme de plus en plus de ressources, d'eau, d'électricité, de gaz et c'est pour ça qu'on s'oppose depuis trois ans à l'agrandissement de STMicroelectronics, agrandissement qui se fait avec la complicité des pouvoirs publics", a-t-il ajouté, dénonçant "des permis de consommer de l'eau (et) des permis de polluer".
Contacté par l'AFP, un porte-parole de ST a qualifié la gestion de l'eau d'"enjeu clé" pour le groupe, indiquant que l'usine a pour objectif de "diminuer (ses) besoins en eau brute notamment avec une trajectoire visant au moins 60% de recyclage à moyen terme".
STMicroelectronics dispose en outre "d'un plan de sobriété hydrique consultable par les autorités compétentes" mais ce dernier "n'est pas un document public", a-t-il ajouté.