Après un printemps des plus favorables, canicules et sécheresse pèsent sur la vigne partout en France, où la croissance du raisin est parfois suspendue, ont indiqué vendredi des représentants du secteur.
"Ce sera une petite récolte", a dit à l'AFP Jérôme Bauer, président de la Confédération des producteurs de vins et eaux-de-vie de vin à appellations d'origine contrôlée (Cnaoc), après des volumes déjà réduits en 2024 et 2025.
Il est cependant encore impossible de prédire les rendements, qui dépendront dans les semaines à venir de la survenue d'une pluie nécessaire "pour perdre le moins de ceps possible", dit le vigneron alsacien.
"La vigne était magnifique jusque début juin, mais ça a totalement décroché dans beaucoup" de régions, selon lui.
"Aujourd'hui la plante va très mal: elle essaie de sauver sa peau plutôt que sa récolte. Du coup le raisin est en train de dépérir; certains risquent de ne pas mûrir et ne seront pas qualitatifs, on ne pourra rien en faire", décrit-il.
Les jeunes pieds, plantés notamment pour répondre aux nouveaux goûts des consommateurs, souffrent particulièrement, faute d'implantation racinaire.
Cette semaine des vignobles ont aussi subi la grêle localement en Ardèche, Charente, Bordelais, Beaujolais, Champagne, Alsace..., énumère le dirigeant de la Cnaoc.
Pour le rendement comme pour la qualité, "on attend l'eau", dit à l'AFP Sébastien David, président de France Vin Bio, qui pointe aussi un impact sur 2027 si la sécheresse affecte le flux de sève et les rameaux porteurs des futurs bourgeons.
"C'est dur partout, alors que le marché est en régression," dit le vigneron ligérien.
"On a plein de solutions qu'on est en train de travailler. La problématique c'est que ce changement climatique s'accélère", souligne M. Bauer. "Travailler dans ces conditions devient extrêmement dur. On espère que la récolte sera quand même au rendez-vous qualitativement pour redonner un peu de moral à nos troupes".
Sur la date des vendanges, déjà précoces l'an dernier, de premiers coups de sécateur pourraient être donnés en Languedoc-Roussillon dès fin juillet, selon M. Bauer. En Champagne et Alsace, elles pourraient débuter entre les 15 et 20 août, là encore un record.
"Mais dans d'autres secteurs où la vigne s'est mise en carence, elles ne seront pas si précoces que ça parce que le raisin ne bouge plus du tout. Donc aujourd'hui on est dans une incertitude assez importante à tous les niveaux".