Sécheresse : la LPO demande le report de l'ouverture de la chasse aux oiseaux d'eau

La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) demande vendredi au gouvernement de reporter l'ouverture de la chasse aux oiseaux d'eau tels que les canards, déjà fragilisés par la sécheresse qui frappe le pays, afin d'éviter "un massacre".

"Alors que nous connaissons une situation de sécheresse intense, l'ouverture de la chasse des oiseaux d'eau entrainerait un massacre et un dérangement sans précédent de l'ensemble de la faune sauvage qui se concentrent sur les derniers points d'eau", alerte le président de la LPO, Allain Bougrain-Dubourg.

L'association demande donc dans un communiqué "que soit reportée a minima l'ouverture de la chasse anticipée, prévue le 21 août 2026 jusqu'à l'ouverture générale de la chasse, fixée au 20 septembre".

A la suite des vagues de chaleur à répétition - trois à ce jour depuis le début de l'été et un épisode de chaleurs élevées précoce en mai - la France subit une sécheresse qui s'annonce déjà comme historique, avec notamment un assèchement des sols à "des niveaux records" et "généralisé" à tout le pays et quasiment la moitié (43%) des cours d'eau en assec ou en rupture d'écoulement.

"Il en va de même pour les zones humides. L'assèchement quasi total de ces milieux est observé dans tous les pays, seules quelques petites zones sont encore en eau aujourd'hui", note la LPO, soulignant que ces zones d'eau douce "accueillent l'ensemble des populations d'oiseaux d'eau actuellement présentes sur notre territoire ainsi que les premiers migrateurs".

Parmi eux, "des espèces chassables, comme les canards et certains limicoles, mais également des espèces protégées en grand nombre, comme les cigognes, les hérons, les spatules blanches, etc...", qui en l'absence de solutions de secours se retrouvent "très concentrés sur des surfaces réduites", indique l'association.

"Ces populations d'oiseaux sont déjà en situation très critique" affaiblis par les chaleurs intenses et persistantes qui "entraînent d'ores et déjà un affaiblissement des individus, les rendant vulnérables à différentes pathologies".

Donc "inutile d'en rajouter", déclare la LPO.

"Le vivant est en souffrance, il impose que le gouvernement prenne les mesures de décence! C'est aussi cela s'adapter au changement climatique", souligne M. Bougrain-Dubourg, rappelant que "ne pas ouvrir la chasse le 21 août n'est qu'une affaire de volonté".