"Notre agriculture est en péril" : la Confédération paysanne a appelé jeudi le gouvernement à apporter une aide directe d'urgence aux agriculteurs qui, dans toutes les filières, ont subi cet été la sécheresse et les canicules.
"Le moment est grave, les paysans sont en grande souffrance. Ils ont été mobilisés tout l'été, toutes les productions sont touchées, sans exception, sur tous les territoires", a déclaré à la presse le porte-parole du troisième syndicat agricole, Stéphane Galais, évoquant "une urgence à agir", "une situation historique".
La Confédération paysanne demande comme "mesure phare" une aide forfaitaire de 5.000 euros par actif ayant subi une perte significative de récolte ou de rendement ou une hausse de charges. Un soutien de trésorerie aux modalités de mise en oeuvre simples, sur le modèle du "quoi qu'il en coûte" porté par le gouvernement pour le fonds de solidarité lors du Covid.
"Aucune ferme ne doit disparaître", insiste l'organisation, qui met en garde contre une "purge sociale" et toute tentation de "profiter de la situation pour accélérer les concentrations des fermes".
"Il n'y aura pas de souveraineté alimentaire ni d'adaptation au changement climatique sans paysans, car les solutions viennent du terrain et des paysans, dans leur diversité et leur nombre", qu'il s'agisse d'entretenir les territoires, prévenir les feux, etc., a estimé M. Galais.
Cette conférence de presse intervient alors que la ministre de l'Agriculture Annie Genevard doit livrer vendredi le chiffrage des pertes de l'été avant de présenter un plan d'urgence le 3 septembre.
La Confédération réclame également des cellules de crise dans chaque MSA (la Sécu des agriculteurs) "pour détecter les situations de détresse et éviter que les drames se multiplient", a dit Thomas Gibert, autre porte-parole.
"Il faut une aide au répit, des journées de remplacement : le moral est au plus bas, il y a un besoin de repos pour reprendre des forces et prendre du recul", a-t-il souligné.
Plus structurellement, le syndicat juge cette crise "révélatrice de l'inadaptation" des politiques agricoles actuelles, à commencer par la récente loi d'urgence et ses volets eau ou pesticides.
L'organisation, qui demande à être reçue par le Premier ministre, met en garde contre une rentrée sous le signe de la colère.
"Il nous paraît évident que cet automne repartent les colères agricoles", a dit Thomas Gibert, pour que ce "sujet qui concerne tout le monde soit central aussi lors de la campagne présidentielle".