Sécheresse: "alerte écarlate" sur la ressource en eau dans le pays de Brest

La ressource en eau dans le pays de Brest et dans le Finistère est dans une "situation critique", ont alerté les élus locaux jeudi, pointant un fort déficit de pluviométrie dans cette région peu habituée à économiser l'eau.

"Nous avons tendance à plaisanter sur la pluviométrie finistérienne, à nous comparer avec la Normandie, sauf qu'aujourd'hui, ce n'est plus une blague", a mis en garde le maire (divers droite) de Brest, Stéphane Roudaut, au cours d'une conférence de presse à l'usine d'eau potable de Pont-Ar-Bled, qui assure l'approvisionnement de 310.000 habitants.

"On est aujourd'hui dans une situation critique (...) Nous sommes en alerte écarlate", a ajouté M. Roudaut.

Avec une pluviométrie en déficit de 60% sur les trois derniers mois par rapport à la moyenne, le lac du Drennec qui alimente l'usine d'eau potable n'est rempli qu'à un tiers de sa capacité maximum, un niveau extrêmement bas pour la saison.

"Nous n'avons que quelques semaines de stock. Si aucun effort n'est fait aujourd'hui par les habitants, par l'économie, par l'agroalimentaire, nous n'aurons plus d'eau d'ici moins d'un mois", a prévenu le maire et président de la métropole de Brest, en appelant "à un changement radical de culture à l'égard de l'eau".

"On ne lave plus sa voiture, on ne prend plus de bain. On fait attention, chacun dans son quotidien à la façon dont on consomme de l'eau", a ajouté M. Roudaut, faute de quoi "nous allons devoir prendre des mesures de restrictions drastiques".

Environ 94.000 personnes étaient privées d'eau du robinet en France métropolitaine fin septembre, selon le ministère de la Transition écologique.

Pour éviter tout risque de coupure, les habitants du Nord Finistère doivent réduire leur consommation environ de moitié, selon les chiffres avancés par Philippe Rybski, le directeur du syndicat du bassin de l'Elorn.

"Il faut vraiment consommer moins maintenant", a martelé Fabrice Jacob, président d'Eau du Ponant et maire de Guipavas.

Le préfet du Finistère doit également alerter vendredi sur "le contexte extrêmement tendu" de la ressource en eau dans le département et appeler à "la mobilisation citoyenne", a indiqué la préfecture à l'AFP.

Malgré une pluviométrie traditionnellement importante, la Bretagne est très vulnérable aux sécheresses, en raison des spécificités hydrogéologiques du sous-sol breton. L'eau potable provient ainsi essentiellement des fleuves, rivières et barrages, où 75% de l'eau est prélevée.