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Santé

Chlordécone : place aux "réparations"

Santé Publique France définit la chlordécone comme un "pesticide toxique pour l'homme et qui entraîne une pollution durable des eaux et des sols". Il a été utilisé dans les bananeraies aux Antilles de 1972 à 1993.
©ThomasLENNE/Shutterstock

La commission d'enquête parlementaire sur la pollution au chlordécone, un insecticide qui a durablement contaminé les sols de Guadeloupe et Martinique, demande dans un rapport présenté mardi une loi de programmation pour sortir du chlordécone et prévoyant des "réparations".

La commission a fait au total 49 propositions, qui devront "s'inscrire sur le long terme à travers une loi d'orientation et de programmation pour acter le principe des réparations" à cette pollution, a déclaré la députée de Guadeloupe (MoDem) Justine Benin, rapporteur de la commission d'enquête, lors d'une conférence de presse. "Le rapport est assez accablant et démontre que la population est en grande souffrance", a expliqué Mme Bénin, devant la presse. Pour inscrire dans le marbre le principe de "réparations", la commission demande tout d'abord "la mise en oeuvre d'une loi d'orientation et de programmation de sortie du chlordécone", sur 15 ou 20 ans.

Le chlordécone est un insecticide, perturbateur endocrinien et cancérogène probable, autorisé entre 1972 et 1993 dans les bananeraies des Antilles, alors que sa toxicité et son pouvoir persistant dans l'environnement étaient connus depuis les années 60, a affirmé Mme Benin. Aujourd'hui, 95 % des Guadeloupéens et 92 % des Martiniquais sont, selon Santé Publique France, contaminés par le produit, qui se retrouve dans l'eau, certains légumes, viandes et poissons, entraînant des interdictions de cultures et de pêche.

La commission, qui n'a pas chiffré ses propositions, a notamment rappelé la responsabilité de l'Etat dans cette pollution, aux cotés des acteurs économiques et politique locaux de l'époque.

Vers des solutions

Elle demande la création d'"un fonds d'indemnisation pour réparer les préjudices subis par les victimes atteintes d'une pathologie résultant" du chlordécone. Mais il est encore impossible de définir à partir de quel taux dans le sang le chlordécone est dangereux pour l'homme, rappelle la commission, qui recommande de faire de la recherche sur l'insecticide une priorité stratégique nationale, sur la santé et sur les possibilités de dépolluer les sols.

La commission préconise aussi "un suivi sanitaire systématique" aux "personnes potentiellement plus exposées au risque de chlordécone", financé par l'assurance-maladie. Pour financer la prise en charge des préjudices et la dépollution des terres, elle recommande d'instaurer "une contribution de la filière économique de la banane", selon le "principe du pollueur-payeur", a expliqué le président de la commission, le député PS de Martinique Serge Letchimy, président de la commission. Sur le plan économique, la commission recommande une "indemnisation intégrale du préjudice subi par les agriculteurs et les pêcheurs". Pour protéger la population, elle préconise de "mettre en place des zones d'interdiction des cultures sensibles dans les secteurs les plus contaminés", avec un accompagnement financier des agriculteurs concernés.

Elle demande aussi un numéro vert pour les victimes, et la création d'un délégué interministériel dédié au chlordécone, pour piloter le prochain Plan chlordécone, prévu en 2020.

Avec AFP.

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